YouTube Twitter Linkedin Nous contacter fr Navigation
TilderNews On Demand

« Divorce entre l’euro et les Français » Nicolas Boudot sur LCI pour « la Question de l’éco »

À propos de La Question de l’Éco : À un rythme hebdomadaire, « La question de l’éco » est présentée dans « Le quotidien de l’économie » d’Emmanuel Kessler, diffusé sur LCI à 20h10 et 21h10. Avec l’intervention de Frédéric Latrobe, associé de Tilder ou Nicolas Boudot, Directeur chez Tilder, ce rendez-vous est l’occasion d’un décryptage en matière de communication d’un enjeu économique saillant de la semaine à partir d’un sondage réalisé par un institut auprès d’un panel représentatif de la population française.

Q1 : 12 ans après son entrée en vigueur, diriez-vous que l’Euro est plutôt un succès ou
plutôt un échec ?

 

·       Plutôt un succès : 27 %

·       Plutôt un échec : 40 %

·       Ni l’un, ni l’autre : 32 %

·       NSP : 1 %

 

Q2 : Et diriez-vous que l’euro a été une bonne chose, une mauvaise chose ou n’a pas eu
d’effet sur… ?

 

·       La compétitivité de la France :

o   Une bonne chose : 40 %

o   Une mauvaise chose : 34 %

o   N’a pas eu d’effet : 26 %

 

·       Le niveau des prix en France :

o   Une bonne chose : 16 %

o   Une mauvaise chose : 65 %

o   N’a pas eu d’effet : 19 %

 

·       La création d’emplois en France :

o   Une bonne chose : 12 %

o   Une mauvaise chose : 43 %

o   N’a pas eu d’effet : 45 %

 

 

ANALYSE DE NICOLAS BOUDOT, ASSOCIE CHEZ TILDER

 

Q1 : L’Euro perçu comme un échec par une majorité de Français ou l’archétype de ce qu’il ne faut jamais faire en communication

 

A 72 heures des élections européennes, les Français ont été interrogés par OpinionWay sur leur perception de l’Euro 12 ans après son entrée en vigueur.

 

La liesse populaire qui avait poussé les européens à se précipiter sur les distributeurs de billets le 1er janvier 2002 a complètement disparu. Seuls 27% des Français considèrent aujourd’hui l’Euro comme un « succès » contre 40% estimant au contraire qu’il s’agit d’un « échec ».

 

Symbole de l’unité économique et bancaire de l’Union Européenne, cette perception négative à l’égard de l’Euro renvoie au doute généralement exprimé par les Français au sujet de l’Europe, expliquant les sondages politiques qui prédisent un score très élevé pour les parties politiques eurosceptiques ou souverainistes dimanche prochain.

 

Mais le plus marquant est sans aucun doute l’indifférence exprimée sur cette question : un tiers des Français choisit en effet de ne pas y répondre. En communication, cette mauvaise perception et cette indifférence s’expliquent en partie par le gap existant entre le discours politique qui a accompagné le processus de création de cette monnaie unique, et l’impact réel de cette monnaie unique dans le quotidien des Français.

 

En effet, le discours politique, construit sur l’utopie positive d’assurance de paix et de prospérité sur le continent, a convaincu les Français il y a 12 ans mais s’est fracassé sur le mur de la réalité constatée. Les Français ne retiennent de l’Euro que l’augmentation des prix.

 

Ce type d’erreur se paye cash en communication… et la déception consécutive à ce type de discours est généralement durable et particulièrement difficile à corriger. 

 

Q2 : Effet de l’euro sur l’emploi, les prix et la compétitivité de la France

 

Si le bénéfice macroéconomique pour la compétitivité de la France obtient une courte majorité dans le sondage, l’éventualité d’un bénéfice personnel n’est absolument pas perçu par les Français. Il est même clairement pointé du doigt !

 

Le pouvoir d’achet et l’emploi sont les premières victimes de ce mécontentement : 65% des Français interrogés considèrent que l’euro a été une mauvaise chose pour le niveau des prix en France  et 43% considèrent qu’il a eu un effet négatif sur la création d’emploi.

 

Les représentants des futures institutions européennes qui sortiront des urnes dimanche seront face à un immense défi de communication :

 

Ils devront apporter rapidement des preuves tangibles des bénéfices réels de la monnaie unique pour chaque citoyen européen.

 

Ce défi paraît simple et pourtant il est compliqué car il nécessite deux choses :

        du temps, alors que les européens sont impatients ;

        de la légitimité pour incarner le principe de l’Europe… et les institutions européennes en manque. 

VIDEO DE L’INTERVENTION DE NICOLAS BOUDOT