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« François Hollande face aux Français : devoir d’inventaire et devoir d’invention » Frédéric Latrobe sur LCI pour « La Question de l’Eco »

À propos de La Question de l’Éco : À un rythme hebdomadaire, « La question de l’éco » est présentée dans « Le quotidien de l’économie » d’Emmanuel Kessler, diffusé sur LCI à 20h10 et 21h10. Avec l’intervention de Frédéric Latrobe, associé de Tilder ou Nicolas Boudot, Directeur chez Tilder, ce rendez-vous est l’occasion d’un décryptage en matière de communication d’un enjeu économique saillant de la semaine à partir d’un sondage réalisé par un institut auprès d’un panel représentatif de la population française.

Q1 : En matière de politique économique et sociale, quels sont les sujets que vous souhaitez voir abordés en priorité par le Président de la République lors de son intervention télévisée du jeudi 6 novembre ? Plusieurs réponses – total supérieur à 100 %

  • L’emploi : 69%
  • Les impôts des particuliers : 57%
  • Le déficit budgétaire et la dette : 46%
  • La réforme de l’état : 34 %
  • Le dialogue social : 23%
  • La réforme territoriale : 21%
  • Les impôts des entreprises : 21%
  • NSP : 2 %

Q2 : Pensez-vous que François Hollande devrait reconnaître qu’il a commis des erreurs dans sa politique économique en début de mandat ?

  • Oui : 61 %
  • Non : 31 %
  • Je ne pense pas qu’il n’a pas commis d’erreurs : 5 %
  • NSP : 3 %

Q3 : Pensez-vous que la situation économique de la France s’améliorera durant la seconde partie du quinquennat ?

  • Sous total oui : 23%
  • Sous total non : 76 %
  • NSP : 1%

ANALYSE DE FREDERIC LATROBRE, ASSOCIE CHEZ TILDER

Q1 : Les Français souhaitent que François Hollande aborde en priorité l’emploi (69%) et leurs impôts (57%) dans son intervention télévisée.

L’emploi et le pouvoir d’achat sont sans surprise les deux attentes prioritaires des Français en matière de politique économique et sociale. C’est le résultat d’un contexte de crise qui ne s’améliore pas, de l’empreinte durable du « ras-le-bol fiscal » qui demeure un sparadrap de communication pour le gouvernement, et surtout des difficultés quotidiennes croissantes de nombreux Français. Cela crée une équation de communication compliquée pour le Président de la République qui l’oblige à la fois à parler « en proximité » ET à prendre la hauteur « macro-économique » nécessaire pour mettre en perspective les grands enjeux. Jusque-là, ça n’a pas réussi. Sur la forme, le nouvel exercice d’être interrogé par des journalistes ET par des Français devrait aider le Président dans la maîtrise de cette double échelle de messages.

Q2 : 61% des personnes interrogées pensent que François Hollande devrait reconnaître qu’il a commis des erreurs dans sa politique économique en début de mandat.

C’est l’attente du parler vrai. François Hollande n’a pas intérêt à nier les difficultés. Il y aurait même plusieurs avantages à les reconnaître, comme à admettre quelques erreurs d’orientation au début du quinquennat. L’intérêt est d’afficher une forme d’honnêteté et d’objectivité politique à laquelle les Français peuvent être sensibles ; mais aussi de donner à la deuxième moitié du quinquennat « un marqueur de personnalité » qui ne soit pas sujet à dénigrement ; enfin, de se démarquer de Nicolas Sarkozy qui, dans son retour, n’a toujours pas fait l’inventaire de son quinquennat et n’a pas créé, jusque-là, d’effet de surprise par une posture d’objectivité un peu personnelle sur son action passée. C’est le devoir d’inventaire auquel François Hollande peut se livrer. Manuel Valls lui montre le chemin en regrettant la position du PS à l’époque de la réforme des retraites sous François Fillon.

Q3 : Plus des ¾ des Français pensent que la situation économique de la France ne s’améliorera pas durant la seconde partie du quinquennat.

C’est le devoir d’invention pour redonner la confiance. Les Français n’ont pas l’espoir de voir la situation s’améliorer. Cela doit conduire François Hollande à ouvrir de nouveaux chantiers qui créent des perspectives de moyen-long termes. En communication, le thème de la jeunesse peut être l’axe principal à exploiter, acte qui lui avait été profitable lors de la campagne. Sur ce point, il n’est pas encore fragilisé en terme de crédibilité car aucune action de grande ampleur n’a réellement été initiée.

 Visionner l’intervention de Frédéric Latrobe