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Émission Intervention Interview

Frédéric Latrobe sur LCI pour « La Question de l’Eco » Du département à l’Union européenne : comment conjuguer deux échelles de communication politique ?

Questions du jeudi 12 mars 2015

1/ Le gouvernement a décidé de maintenir les départements. Diriez-vous qu’il a eu raison ou tort ?

  • Raison : 72%
  • Tort : 27%
  • NSP : 1%

2/ L’Union Européenne a-t-elle eu raison de donner un nouveau délai de 2 ans à la France pour revenir sous les 3% de déficit ?

  • Raison : 70%
  • Tort : 27%
  • NSP : 3%

ANALYSE DE FREDERIC LATROBE, ASSOCIE CHEZ TILDER

1/ Presque trois quarts des Français saluent le choix du gouvernement de garder les départements dans le cadre de sa réforme territoriale

Les Français plébiscitent l’échelle de proximité. En maintenant les départements, même si la question des compétences n’est pas totalement réglée et que l’avenir de cette instance territoriale n’est pas pour autant gravé dans le marbre, le gouvernement a pris le sens du vent de l’opinion. Ce résultat prouve que les Français sont attachés à cette « couche du millefeuille » connue et reconnue, notamment pour porter une partie de la politique sociale. Le département est le chef de file de l’aide sociale et ce rôle s’impose de lui-même en période de crise. Mais ce résultat montre aussi que le département est un repère de notre organisation territoriale qui rassure les Français au moment où la création des grandes régions et la naissance des grandes métropoles vont constituer un saut dans l’inconnu. Un levier de la solidarité dans les mains d’élus de proximité, voilà l’image du département et l’équation de son succès. Néanmoins, une partie de l’équation reste à résoudre : comment expliquer cette déclaration d’amour pour les départements et l’annonce répétée d’une forte abstention aux départementales ? Faut-il y voir malheureusement un rejet de la politique elle-même et non de la structure. A la politique de proximité de réinventer sa communication, à bonne échelle.

2/ 70% des Français approuvent le délai de 2 ans supplémentaires accordé par l’Union européenne pour revenir sous les 3% de déficit

Les Français refusent l’austérité. L’opinion veut que l’on desserre l’étau et ces deux ans supplémentaires sont donc les bienvenus. Ce résultat prouve que l’opinion française a besoin d’une perspective d’oxygène et de trouver un second souffle après une période où la réduction du déficit lui a semblé passer davantage par l’augmentation des impôts que par la réduction des dépenses. Mais il y a un revers à la médaille : ces deux ans supplémentaires n’empêchent pas la nécessité de trouver 4 milliards d’euros d’économies en 2015. Surtout, ce délai est un double mauvais signal que la communication gouvernementale va devoir gérer en conséquence : comment ne pas décrocher définitivement du leadership européen en demandant sans cesse des délais ? Comment ne pas finir d’agacer nos partenaires, et notamment l’Allemagne, à force de ne pas tenir le calendrier qui s’impose à tous ? Cela peut venir fragiliser l’image que François Hollande et Manuel Valls tentent de donner de leur politique économique et budgétaire : une politique qui privilégie la croissance et revendique le sérieux budgétaire.

 Visionner l’intervention de Frédéric Latrobe