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Émission Interview

Frédéric Latrobe sur LCI pour « La Question de l’Eco » Grèce : les effets d’une négociation en temps réel et sous l’œil des caméras

Questions du jeudi 2 juillet 2015

Q1. Selon vous, les institutions suivantes doivent-elles encore soutenir financièrement la Grèce ?

  • Le FMI : 
    • Sous total »oui » : 46%
    • Sous total « non » : 52%
    • NSP : 2%
  • L’Union Européenne :
    • Sous total »oui » : 44%
    • Sous total « non » : 54%
    • NSP : 2%

Q2. Pour tenter de résoudre la crise de la dette grecque, diriez-vous que la France joue un rôle … ?

  • Plutôt « efficace » : 29%
  • Plutôt « pas efficace » : 69%
  • NSP : 2%

ANALYSE DES RESULTATS PAR FREDERIC LATROBE, ASSOCIE CHEZ TILDER

Q1. Pour les Français, le Fonds monétaire international (FMI) et l’Union Européenne (UE) doivent cesser de soutenir financièrement la Grèce.

L’opinion française veut siffler la fin de la partie mais souhaite aussi, ce qui est plus ennuyeux au regard du principe européen, abandonner les Grecs à leur défaut de paiement. Peu importe l’Institution prêteuse, selon les Français, il faut que le soutien financier s’arrête. Si les Français ne veulent plus que l’on prête à la Grèce, c’est d’une part en raison du discours entendu depuis des semaines qui laisse à penser qu’aider la Grèce, c’est vouloir remplir le tonneau des Danaïdes. A force de marteler que l’urgence est de « sauver la Grèce » (pour mieux sauver l’euro), on a peut-être oublié de mettre en avant ce que pourrait donner la Grèce après sauvetage. Ce n’est que maintenant, à l’approche du référendum, que les exemples de l’Espagne et du Portugal sont utilisés pour créer un peu de perspective positive. Par ailleurs, le souhait d’arrêter le soutien financier à la Grèce s’explique aussi par la montée d’un sentiment d’irritation à l’égard du peuple grec. Qualifier publiquement les négociateurs grecs de tricheurs ou d’inconséquents, comme cela a pu être entendu ces derniers jours, comporte le risque que ce jugement glisse peu à peu sur le peuple grec lui-même, malgré toutes les précautions d’usage dans les mots. On a bien là les effets d’une crise et d’une séquence de négociation vécues en temps réel sous l’œil des médias. Dans cette situation, la gestion de l’émotion l’emporte sur la gestion de l’information, avec les risques que cela comprend en terme d’impact sur l’opinion.

Q2. Plus des deux tiers des Français jugent que la France joue un rôle peu efficace pour tenter de résoudre la crise de la dette grecque.

Ce jugement est particulièrement sévère pour la France et précisément pour Michel Sapin, le Ministre des Finances et des Comptes publics, qui ne se ménage pas dans les négociations de ces dernières semaines. Cette sévérité vient du fait que le temps de la négociation, surtout quand elle se déroule en quasi direct sous l’oeil des medias, n’est plus un temps auquel l’opinion est habituée. Une négociation qui s’éternise, c’est le signe de mauvais négociateurs. Mais il y a aussi certainement la position prise par la France qui se trouve ici jugée. Face à la fermeté allemande, la France donne l’impression de vouloir toujours « donner une dernière chance » alors même que les Français expriment par ailleurs le souhait d’interrompre les aides financières. Il y a donc vraisemblablement dans ce résultat le signe que la ligne défendue par la France manque un peu de lisibilité ou de soutien visible par d’autres acteurs de l’Union Européenne. Enfin, et c’est pour cette raison que Nicolas Sarkozy s’est engouffré dans la brèche, l’opinion garde le souvenir de l’action de l’ancien président de la République et du duo affiché sur la Grèce avec Angela Merkel. Et au cas où les Français l’auraient oublié, Nicolas Sarkozy n’a pas manqué de le leur rappeler dans son interview au Monde d’hier.

Visionner l’intervention de Frédéric Latrobe sur LCI