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Interview

Matthias Leridon revient sur la réaction de Manuel Valls aux violences en marge du PSG

Manuel Valls a-t-il bien réagi face aux violences hier soir en marge du sacre du PSG à Paris ?

C’est sur cette question que Matthias Leridon, Président de Tilder, et Jérome Ripoull, coprésident de Comfluence, étaient interviewés mardi 14 mai dans Les débats de France Info.

Extraits :

« Il a effectivement commis une erreur dans la communication en tardant à communiquer, en laissant son préfet de police prendre la parole et en le faisant de manière tout à fait maladroite. Il y a donc erreur de communication. Il a tardé effectivement à prendre la parole et à réagir vraiment efficacement ».

« Par ailleurs, il n’a pas pris la mesure de l’émotion qui était créée, sachant que c’est une explosion de violence dans un quartier qui n’est pas du tout habitué à la violence, le 16e arrondissement, place du Trocadéro. On n’est pas dans les quartiers nord de la ville de Marseille, où ce genre de violence est quotidienne. Il n’a pas mesuré ce décalage d’émotion. En revanche il a joué parfaitement le rôle du ministre de l’Intérieur, il a couvert l’ensemble des forces de police en disant qu’il n’y avait pas de problème sur leur mobilisation. Ce qui est étonnant, c’est qu’il couvre le préfet, dont l’ intervention à 10h30 du soir était totalement hallucinante par rapport à la réalité des images. Il n’a pas pris la mesure de l’émotion. Il a redressé les choses mais en même temps joue le rôle du ministre de l’Intérieur, et couvre les fonctionnaires du ministère de l’Intérieur ».

« ‘Manuel Valls est pris en flagrant délit de décalage d’émotion, c’est quelqu’un qui comprend l’opinion, et là pour la première fois il est pris dans ce décalage ».

« Il apparaissait comme un Nicolas Sarkozy de gauche au ministère de l’Intérieur, mais ne va pas jusqu’au bout parce que Nicolas Sarkozy, un évènement comme celui-là, le préfet est remercié et on change de préfet. Maintenant  dans la manière dont il a répondu aujourd’hui publiquement aux accusations, il est quand même dans le grand Manuel Valls qu’on connaît : il est très calme. Il dit à l’opposition, l’opposition joue son rôle, ne rajoutons pas la violence des propos à la violence dans la rue. Il est dans une logique où il couvre les fonctionnaires de police du ministère de l’Intérieur,  il est dans une logique où finalement il dit le football est malade, il est malade à Paris,  il est dans l’acceptation de la responsabilité qui a créé les évènements ».

« Cet événement tombe pile au mauvais moment : dans l’image de Manuel Valls, il y a l’image « intérieur » au sein de la France, et l’image de son ambition d’être Premier ministre, voire éventuellement un jour candidat à l’élection présidentielle ».

« Aujourd’hui la grande perdante, c’est  l’image de la France à l’étranger. Images en boucle de scènes d’émeute, de guerre civile au cœur même de la capitale française, qui ont fait le tour de toutes les chaines d’informations télévisées sur quelque chose qui était finalement la célébration d’un évènement sportif  tout à fait positif, le Paris Saint-Germain qui devient champion ».

« On est dans la sur-réaction. La communication d’un homme politique aujourd’hui, c’est un univers qui est abondé en permanence et en temps réel par les réseaux sociaux, par les Smartphones, et par les chaines d’information en continu. Lorsqu’on est un homme politique et qu’il y a un évènement dans la rue, on est obligé de réagir de toute façon à l’émotion que crée cette abondance, cet espèce de fil continu d’images et de reportages qui sont en fait une espèce de mise en relation  directe de l’ensemble de la communauté des Français et de la communauté internationale avec ce qui se passe dans la rue. Donc la question ce n’est pas tellement la sur-réaction. La question, c’est comment on prend en compte cette émotion ».