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Émission Interview

« Le changement de politique économique, c’est maintenant ! » Nicolas Boudot sur LCI pour la Question de l’éco

À propos de La Question de l’Éco : À un rythme hebdomadaire, « La question de l’éco » est présentée dans « Le quotidien de l’économie » d’Emmanuel Kessler, diffusé sur LCI à 20h10 et 21h10. Avec l’intervention de Frédéric Latrobe, associé de Tilder ou Nicolas Boudot, Directeur chez Tilder, ce rendez-vous est l’occasion d’un décryptage en matière de communication d’un enjeu économique saillant de la semaine à partir d’un sondage réalisé par un institut auprès d’un panel représentatif de la population française.

Q1 : Selon vous, compte tenu du résultat du premier tour des élections municipales, le gouvernement doit-il changer de politique économique ?

  • Sous total « oui » : 87 %
  • Sous total « non » : 13 %

 

Q2 : Quelle doit-etre la priorité du gouvernement dans les mois qui viennent ?

  • Baisser les impôts payés par les ménages : 58 %
  • Baisser les impôts payés par les entreprises : 13 %
  • La baisse des impôts n’est pas la priorité : 29 %

 

 

ANALYSE DE NICOLAS BOUDOT, ASSOCIE CHEZ TILDER

 

Q1 : 87% des Français souhaitent un changement de politique économique après les élections municipales

 

Si le changement de gouvernement apparaît inéluctable pour les commentateurs de la vie politique à l’issue des élections municipales, le sondage OpinionWay pour Tilder et LCI d’aujourd’hui montre que les Français n’attendent pas seulement des changements de personnes à la tête des ministères, ils souhaitent aussi un changement de politique économique.

 

Le résultat est sans appel, près de 90% des Français aspirent à un changement de politique économique. En communication, ce résultat appelle deux réflexions :

 

Le virage « social démocrate » ou « social libéral » annoncé par le président de la République le 14 janvier dernier, et formalisé par le Pacte de Responsabilité en cours de discussion avec les partenaires sociaux, n’a manifestement pas été compris ou encore intégré par les Français. Cette absence de marque dans l’opinion publique s’explique par l’absence de bénéfices tangibles de ce virage politique.

 

En effet, même si la France a connu quelques bonnes nouvelles sur la plan économique et industriel ces derniers jours (la commande par MSC Croisières de près de 2 milliards d’euros pour la construction de nouveaux paquebots à Saint Nazaire, à laquelle il faut ajouter les commandes industrielles pour plusieurs dizaines de milliards d’Euros annoncées hier à l’occasion de la visite en France du président Chinois), il n’en demeure pas moins que la hausse quasi continue du chômage anéantit mécaniquement l’effet positif de ces bonnes nouvelles économiques.

 

La seconde réflexion induite par ce résultat concerne l’image même du gouvernement. L’image attentiste et peu volontariste de l’exécutif pendant les 18 premiers mois du quinquennat, sans oublier les promesses non tenues sur les questions liées à l’emploi, s’est cristallisée dans l’opinion publique.

 

Ainsi, le seul moyen pour le président de la République de reprendre la main est de mettre en scène le remaniement ministériel, non pas comme un simple changement d’identité à la direction des ministères,  mais comme le signal d’une révolution dans la politique économique qui est menée.

 

Q2 : Une majorité de Français considère que la priorité fiscale du gouvernement dans les mois qui viennent doit d’abord concerner les ménages avant les entreprises.

 

L’une des actions prioritaires qui pourrait illustrer le changement de politique économique voulu par une majorité de Français pourrait être une baisse de l’impôt payé par les ménages.

En effet, 58% des Français interrogés souhaitent une baisse des impôts payés par les ménages.

 

En communication, c’est une nouvelle preuve que le « ras-le-bol fiscal » exprimé fin 2013 ne s’est pas complètement estompé et demeure un marqueur négatif durable de la politique du gouvernement que seules des mesures concrètes et tangibles permettront de corriger. Toutefois, ce « ras-le-bol fiscal » doit être tempéré par le second item du sondage, qui montre que 29 % des Français interrogés considèrent que la baisse des impôts n’est pas la priorité.

 

Derrière ce chiffre se cache, bien entendu, les questions liées à l’emploi et à la baisse du chômage.

Ainsi, si le président de la République doit réussir le casting des futurs ministres qui, à Bercy, incarneront la (nouvelle?) politique économique et fiscale de la France, il devra également réussir le casting du ministre de l’emploi pour espérer regagner en popularité. 

 Visionner l’intervention de Nicolas Boudot