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Émission Interview

« Les Français sceptiques face au plan Valls pour réduire le déficit budgétaire » Nicolas Boudot sur LCI pour la Question de l’éco

À propos de La Question de l’Éco : À un rythme hebdomadaire, « La question de l’éco » est présentée dans « Le quotidien de l’économie » d’Emmanuel Kessler, diffusé sur LCI à 20h10 et 21h10. Avec l’intervention de Frédéric Latrobe, associé de Tilder ou Nicolas Boudot, Directeur chez Tilder, ce rendez-vous est l’occasion d’un décryptage en matière de communication d’un enjeu économique saillant de la semaine à partir d’un sondage réalisé par un institut auprès d’un panel représentatif de la population française.

Q1 : Selon vous, le plan d’économies annoncé la semaine dernière par Manuel Valls sera-t-il efficace pour ramener le déficit budgétaire à 3% du PIB en 2015 ?

  • Sous total « oui » : 24 %
  • Sous total « non » : 75 %
  • NSP : 1 %

Q2 : Quelle doit être la priorité du gouvernement dans les semaines qui viennent ?

  • La baisse des dépenses publiques : 52 %
  • La baisse des impôts pour les particuliers : 29 %
  • La baisse des impôts pour les entreprises : 4 %
  • Aucune de celles-là : 14 %
  • NSP : 1 %

ANALYSE DE NICOLAS BOUDOT, ASSOCIE CHEZ TILDER

Q1 : 75% des Français considèrent que le plan d’économies annoncé par Manuel VALLS ne sera pas efficace pour ramener le déficit budgétaire à 3% du PIB en 2015

Le Premier ministre est dans une situation politique complexe. Son arrivée, puis son discours de politique générale comportant des orientations économiques et sociales claires avaient été plutôt bien accueillis dans l’opinion publique.

Pour autant, les annonces du plan d’économies exposé la semaine passée ne recueillent pas l’assentiment des Français. Ce sont même 75% des Français interrogés dans le sondage OpinionWay pour TILDER et LCI qui considèrent que ce plan d’économies n’aura pas les effets attendus pour ramener le déficit budgétaire à 3% du PIB en 2015.

Manuel Valls paye là le résultat de son obligation de tenir une majorité parlementaire plus agitée, moins godillot qu’avec son prédécesseur. Ce comportement répond d’ailleurs à une règle quasiment immuable sous la Vème République : un Premier ministre doit être politiquement au point d’équilibre idéologique de la majorité parlementaire. Comme Manuel Valls fait clairement exception à cette règle, il doit « composer » politiquement avec la majorité actuelle. Et cette nécessité de composer a été à l’origine de la première erreur manifeste de communication de Manuel Valls.

En effet, en laissant s’exprimer toutes les tendances de la majorité et en décidant de trancher in fine (en ne fermant pas la porte à des amendements, notamment sur les petites retraites), le Premier ministre a décidé de traiter prioritairement sa majorité avant l’opinion publique, au risque de brouiller la séquence de communication gouvernementale.

Il a laissé s’installer une sorte de polyphonie au sein de la majorité, ce qui est probablement une méthode de management adaptée à la situation politique actuelle : en permettant à chaque tendance de s’exprimer et de débattre, il évite les risques de clashs politiques incontrôlables… Toutefois, cette polyphonie n’a visiblement pas été comprise par l’opinion publique.

Ainsi, en protégeant le dialogue interne à la majorité, le gouvernement a déjà rompu en partie le fil ténu qui le reliait à l’opinion publique.

Q2 : Une majorité de Français considère que la priorité du Gouvernement dans les semaines qui viennent doit être la baisse des dépenses publiques

Le résultat de ce sondage montre que la pédagogie gouvernementale (accompagnée par l’opposition d’ailleurs) sur la nécessaire baisse des dépenses publiques a fini par imprégner l’opinion publique qui y voit une priorité. En communication, ces résultats amènent deux commentaires :

  • Ils sont peut-être même une première preuve que le « ras-le-bol fiscal » exprimé fin 2013 a disparu du débat public avec le remaniement : symbole négatif de la politique du gouvernement précédent, il s’est effacé avec lui.
  •  C’est aussi une chance pour le gouvernement et pour Manuel Valls qui disposent là d’un soutien fort (52%) de l’opinion publique pour l’accompagner dans ses efforts. A eux de faire la pédagogie nécessaire pour se donner un espace politique suffisant pour agir… car finalement, au delà des annonces, ce que les Français attendent, ce sont des actes.