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Interview

Matthias Leridon décrypte la communication de Manuel Valls sur France Info

Chaque mardi à 20h50, Matthias Leridon, Président de Tilder, intervient sur un sujet d’actualité politique en commentant la stratégie de communication de cet évènement . Il intervenait ce mardi 4 juin avec Guy Alves, Président de Bygmalion, sur la communication de Manuel Valls.

Extraits :

« Le ministre de l’Intérieur, Manuel VALLS, samedi dernier dans « La Provence » n’a pas caché qu’il était ambitieux et que, si on venait à lui proposer d’autres responsabilités, il les assumerait. Cette phrase était sans doute mûrement réfléchie et destinée à prendre rendez-vous avec les Français.

Manuel VALLS a une stratégie de communication très organisée qui donne d’excellents résultats : avec 60 % de popularité, il est le membre du gouvernement de Jean-Marc AYRAULT qui tire vers le haut la popularité du gouvernement et est un peu, comme l’avait été Jérôme CAHUZAC en son temps, un ministre socialiste qui plaît à droite et à gauche. Pourquoi ? Parce qu’il maitrise l’art de taper un peu à droite, un peu à gauche. Au moment de la « Manif pour tous » il dit aux familles de pas manifester parce qu’il va y avoir des débordements. Il met en garde lors de la manifestation du PSG contre le Front national et en même temps le soir même est en total soutien des fonctionnaires de police et du préfet de police. Il a donc une capacité à utiliser l’actualité pour se positionner comme le ministre populaire, à la fois à droite et à gauche, sans jamais rentrer dans un périmètre qui n’est pas le sien car il reste sur le périmètre du Ministère de l’Intérieur.

Samedi, dans l’interview à « La Provence », il a fait son coming out présidentiel. En fait, il se positionne pour remplacer Jean-Marc AYRAULT, dans une logique très claire qui est de dire aujourd’hui « J’ai toujours pensé que j’avais la capacité d’assumer les plus hautes responsabilités en matière politique ». Or, les plus hautes responsabilités, c’est l’élection présidentielle. Et, en ce sens, il a une stratégie qui est assez proche de celle qu’avait eue Nicolas SARKOZY : très proche de l’actualité, il se déplace sur tous les faits divers, et le Ministère de l’Intérieur est un formidable pourvoyeur d’événements d’actualité. Il clive dans son propre camp,

Et puis, il se distingue de l’immense impopularité économique et sociale de Jean-Marc AYRAULT et de François HOLLANDE parce qu’il est très populaire sur son territoire. Son territoire, c’est les Français, la vie quotidienne, la sécurité, les manifestations, la Corse et, là, il est très populaire.

 

Le président de la République, dans le même quotidien, à « La Provence », l’a recadré gentiment en disant « C’est toujours le président de la République qui décide ». Donc, ce n’est pas la peine, pour l’instant, de prétendre à Matignon. Enfin, c’est un recadrage gentil.

C’est là où on peut dire qu’il marche dans les pas de SARKOZY. Pas parce que Nicolas SARKOZY a été ministre de l’Intérieur, puis ensuite président de la République. Mais parce qu’il est dans la logique de tous les élus au sein de la Vème République qui, à un moment donné, ont décidé publiquement d’affirmer qu’ils étaient dans la course à l’élection présidentielle… Ca a été vrai de Jacques CHIRAC. À un moment donné, dans la Vème République, un élu, un membre du gouvernement s’indépendantise par rapport à son gouvernement en disant « Je suis dans le gouvernement, je suis parfaitement loyal mais mon destin, mon avenir est ailleurs et je suis là ».

Aujourd’hui, c’est parfaitement le bon moment pour lui de faire cette espèce de coming out présidentiel. Pourquoi ? Parce qu’il est inatteignable par rapport à la popularité de François HOLLANDE, de Jean-Marc AYRAULT et du gouvernement. Il est devant. Il a le vent en poupe et c’est le moment pour lui d’exprimer qu’il est incontournable dans les deux-trois-quatre personnalités à gauche…

La politique, c’est l’art de tirer profit des situations et pour ça, Manuel VALLS, il est formidable ».