YouTube Twitter Linkedin Nous contacter en fr Navigation
TilderNews On Demand
Émission Intervention

Nicolas boudot sur LCI pour « La Question de l’Eco » Emmanuel Macron réussit un coup de communication en étant l’élément moteur dans le choix de Paris pour les JO en 2024 ou 2028

Questions et analyse du sondage du jeudi 13 juillet 2017

Q1 : Pensez-vous que l’organisation des Jeux Olympiques à Paris en 2024 ou en 2028 serait une bonne chose ou une mauvaise chose pour l’économie française ?

  • Bonne chose 65%
  • Mauvaise chose 33%
  • NSP 2%

Q2 : Diriez-vous que les évolutions de la fiscalité annoncées par le gouvernement vont dans le bon sens ou vont dans le mauvais sens ?

  • Dans le bon sens 53%
  • Dans le mauvais sens 45%
  • NSP 2%

ANALYSE DES RESULTATS PAR NICOLAS BOUDOT, ASSOCIE CHEZ TILDER

Q1 : Pensez-vous que l’organisation des Jeux Olympiques à Paris en 2024 ou en 2028 serait une bonne chose ou une mauvaise chose pour l’économie française ?

Quel événement d’avoir la certitude que les Jeux Olympiques seront de nouveaux organisés à Paris en 2024 ou en 2028, après les échecs en 1992, 2008 et 2012.

Après le grand oral de la France devant le CIO mardi dernier, il ne reste en effet qu’un petit suspense : connaître l’année exacte.

Toutefois, les membres de la délégation française souhaiteraient voir Paris l’emporter dès 2024.
Il y aurait en effet  une portée symbolique et une portée politique d’obtenir les Jeux Olympiques cette année-là.

D’un point de vue symbolique d’abord, les JO à Paris en 2024 permettraient à la ville de fêter le centenaire des JO de Paris de 1924 tout en accueillant une nouvelle olympiade.

De la même façon que pour l’attribution des JO de 2024 et 2028, il y a 100 ans, le comité olympique avait attribué en même temps les Jeux de 1924 et 1928 à Paris et à Amsterdam. En septembre, la priorité dans l’attribution des JO se jouera entre Paris et Los Angeles. Ce sont des clins d’œil de l’histoire qu’il ne faut pas négliger.

L’obtention des JO à Paris dès 2024 a également une portée politique. En effet, le Président de la République, qui s’est impliqué et a mis en scène sa participation au grand oral de Paris devant le comité de sélection du Comité International Olympique, peut espérer capitaliser durablement sur cet éventuel succès et même espérer ouvrir officiellement les JO lui-même à l’été 2024, ce qui ne serait constitutionnellement pas possible en 2028 (deux mandats maximum, cela conduit à mai 2017, au plus tard).

Pour cela il doit remplir au moins une condition politique : être réélu.

L’ouverture des JO d’été le placerait alors à un niveau comparable au Général de Gaulle et à François Mitterrand qui avaient ouvert les JO d’hiver de Grenoble en 1968 et d’Albertville en 1992… Deux exemples dont il épouse pour l’instant les pas dans sa façon de présider.

Quoi qu’il en soit, lorsque l’on parle organisation des JO, derrière les considérations sportives, symboliques et politiques pointent désormais des considérations de nature économiques et financières.

Les exemples négatifs récents d’Athènes en 2004 et de Rio de Janeiro en 2016, villes surendettées dont certaines infrastructures sportives construites pour l’occasion sont laissées à l’abandon faute d’entretien, sont autant de freins qui sont régulièrement opposés par les habitants des villes candidates.

Le résultat du sondage OpinionWay pour LCI et Tilder montre pourtant que les Français considèrent à une large majorité que l’obtention des JO sera une bonne chose pour l’économie française.

Ce large résultat s’explique probablement par la capacité d’émerveillement et d’émotions positives que peut susciter un tel événement. Ce sont ces émotions qui ont été mises en avant par la Maire de Paris et le Président de la République lors de leur conférence de presse cette semaine.

En effet, la mise en avant de l’émotion procurée par le sport leur a permis de dépasser les craintes éventuelles sur les risques économiques induits par l’organisation d’un tel événement.

Reste à savoir si ce sentiment positif va perdurer dans le temps.

Nous aurons tout le temps de reposer la question ou moment où nous connaitrons l’année retenue pour Paris. D’ici là, rendez-vous à Tokyo pour les Jeux Olympiques de 2020.

Q2 : Diriez-vous que les évolutions de la fiscalité annoncées par le gouvernement vont dans le bon sens ou vont dans le mauvais sens ?

Nous avons assisté à une drôle de valse à trois temps de communication sur les mesures fiscales que le gouvernement Philippe va mettre en œuvre en 2018.

En effet, du premier temps de la valse, qui a présenté des réformes ambitieuses lors de la campagne présidentielle, aux précisions dans le journal les Echos il y a deux jours qui annoncent leur mise en œuvre partielle dès 2018, nous avons assisté au discours de politique générale du Premier Ministre qui avait renvoyé ces mesures à 2019 ou 2020, autant dire, à jamais.

Ces trois temps ont donné des indications contradictoires sur les réformes fiscales du gouvernement en début du quinquennat : en une semaine, après un discours à l’Assemblée nationale dans un sens et une interview dans l’autre, le Premier Ministre a fait passer la baisse de la pression fiscale de 0 à 11 milliards d’Euros pour 2018.

Ces atermoiements ont peut-être un peu abîmé l’image de cohésion du gouvernement en montrant aux Français qu’une ligne politique directe existait entre Bercy et l’Elysée, sans forcément passer par Matignon.

En effet, même s’il est revenu au Premier Ministre le soin de préciser dans le journal les Echos le cadre de l’intégralité des réformes fiscales à venir, nous savons que les alertes des dirigeants d’entreprises et des économistes au ministre de l’Economie à l’occasion des « Rencontres économiques d’Aix en Provence» le week-end dernier, ont été déterminantes dans le changement de pied du Président sur le calendrier des réformes fiscales.

La volonté, au moment du départ annoncé d’entreprises du Royaume-Uni pour cause de Brexit, de faire de la France une terre d’accueil pour leurs sièges sociaux a fait le reste, en poussant l’exécutif à donner des signaux fiscaux positifs aux dirigeants des entreprises concernées.

En communication, cette séquence qui laissera des traces, appelle trois commentaires.

  • C’est d’abord la démonstration de la volonté du Président de la République de maintenir le rythme des réformes promises pendant la campagne. Ce faisant, il rompt avec les pratiques de ces trois prédécesseurs qui tous avaient abandonné leurs promesses à la suite des publications de rapports ou d’audits de la Cour des Comptes. Même si on a pu croire la semaine passée par la voix d’Edouard Philippe à l’Assemblée nationale le gouvernement prenait le même chemin, le correctif est arrivé rapidement ;
  • Ce changement de pieds montre ensuite que l’exécutif et singulièrement le Président de la République demeurent à l’écoute des leaders d’opinion sur les réformes à mener. Si on a pu reprocher à Emmanuel Macron de se couper de la presse et des médias par rapport à ses prédécesseurs, il apparait qu’il ne se coupe pas complètement de l’extérieur ;
  • C’est enfin, la première atteinte à l’autorité du Premier Ministre par l’un de ses ministres, en l’espèce le Ministre de l’économie, depuis Aix en Provence. Celui-ci a obtenu un arbitrage favorable du Président de la République. D’un point de vue strictement politique, ce n’est pas étonnant, mais retenons que cela arrive très tôt dans le quinquennat !

Quoi qu’il en soit, le Gouvernement pourra se consoler avec le résultat du sondage Opinionway pour Tilder et LCI qui est plutôt bon. 53% des Français interrogés considèrent en effet que ces mesures vont dans le bon sens.

Visionner l’intervention de Nicolas Boudot dans « Le Grand Soir » pour « la Question de l’Eco » sur LCI

A propos de La Question de l’Éco :

À un rythme hebdomadaire, « La Question de l’Éco » est traitée tous les jeudis, en direct sur LCI, soit entre 19h45 et 20h30, soit entre 20h30 et 21h30, dans l’émission de Julien Arnaud et Rebecca Fitoussi « Le Grand Soir ». « Le Grand Soir », c’est au global deux heures d’informations politiques et économiques. Avec l’intervention de Frédéric Latrobe, Nicolas Boudot ou Guillaume Jubin, Associés chez Tilder, ce rendez-vous est l’occasion d’un décryptage en matière de communication d’un enjeu économique saillant à partir d’un sondage réalisé par un institut auprès d’un panel représentatif de la population française.