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Émission Intervention Interview

Nicolas Boudot sur LCI pour « la Question de l’Eco » Face à l’impact possible des élections américaines sur l’économie, les Français affichent un sentiment de « dernier village gaulois »

Questions et analyse du sondage du jeudi 27 octobre 2016

Q1 : Pensez-vous que le résultat des élections présidentielles aux Etats-Unis aura un impact sur… ?

  • L’économie mondiale :
    • OUI : 73 %
    • NON : 25 %
    • NSP : 2 %
  • L’économie française :
    • OUI : 48 %
    • NON : 50 %
    • NSP : 2 %

Q2 : Pensez-vous que l’inversion de la courbe du chômage est désormais enclenchée ?

  • Sous total « OUI » : 22 %
  • Sous total « NON » : 77%
  • NSP : 1 %

ANALYSE DES RESULTATS PAR NICOLAS BOUDOT, ASSOCIE CHEZ TILDER

Q1 : 48% des Français interrogés considèrent que le résultat des élections présidentielles aux USA aura un impact sur l’économie française. 73% considèrent qu’il aura un impact sur l’économie mondiale.

A quelques jours des élections américaines qui verront s’affronter Hilary Clinton pour le parti Démocrate et Donald Trump pour le parti Républicain, il apparaissait intéressant de mesurer le sentiment des Français sur l’impact de ces élections sur l’économie mondiale d’une part et sur l’économie hexagonale d’autre part.

Le résultat est particulièrement surprenant. Il y a en effet, une grande dichotomie dans les résultats selon que l’on pose la question concernant l’impact attendu des élections américaines sur l’économie mondiale ou sur l’économie française.

Si 73% des Français interrogés considèrent que l’élection aura un impact sur l’économie mondiale, ils ne sont en revanche que 48% à considérer que le résultat de l’élection aura un impact sur l’économie française.

Est-ce une forme de « syndrome du village d’Astérix » applicable à l’économie ? Est-ce là, la formalisation d’une croyance selon laquelle la France serait épargnée par les conséquences économiques mondiales d’une élection, comme elle le fut par le nuage de Tchernobyl en 1986 ? Est-ce une preuve supplémentaire de l’appréhension des Français face à la mondialisation ou encore le fait que nous soyons géographiquement éloignés des USA ?

En communication, il faut comprendre ces résultats de trois manières.

D’abord, en prenant en compte les prises de position durant la campagne des deux candidats à la présidence de la première puissance économique mondiale. Il apparaît évident que les accents protectionnistes des deux candidats ont résonné dans le débat public français et naturellement les Français interrogés considèrent que le résultat aura un impact sur l’économie mondiale.

De la même façon, en matière politique, les exemples de réformes que l’on considère importantes sont multiples, sinon même nécessaires pour autrui, à condition qu’elles ne s’appliquent pas à soi. C’est ce sentiment qui explique le résultat du sondage : l’élection aura des conséquences sur l’économie mondiale en épargnant la France.

Enfin, et pour finir sur une note optimiste pour la classe politique en cette période électorale :  les Français considèrent que les femmes et les hommes politiques ont encore la main sur les mesures économiques et sont par conséquent en mesure de contrecarrer d’éventuels impacts économiques liés à des décisions prises dans un bureau ovale de l’autre côté de l’Atlantique.

Q2 : 77% des Français interrogés pensent que l’inversion de la courbe du chômage n’est pas arrivée.

Ce résultat est une preuve supplémentaire de la difficulté, en communication politique, de convaincre l’opinion publique. Le résultat du sondage qui est mauvais pour l’exécutif et, notamment pour le Président qui a fait de l’inversion de cette courbe une des conditions de sa candidature à un second mandat, s’explique de trois façons.

D’abord par la défiance que les Français expriment à l’endroit des élites et des dirigeants politiques en particulier. Le sondage de cette semaine est une preuve supplémentaire.

Ensuite, pour qu’une ambition aussi importante puisse être soutenue par l’opinion publique il faut qu’elle puisse être durable (après les mauvais chiffres de septembre, les bons chiffres d’octobre sont une compensation), constatée au quotidien et dans l’entourage de chacun. Pour qu’une telle annonce puisse être suivie et approuvée, il convient qu’elle soit visible, sinon elle est cantonnée au rang « d’effet d’annonce », c’est-à-dire au rang d’artifice de communication.

Enfin, l’annonce de l’inversion de la courbe du chômage depuis le début de l’année souffre des révélations du « Canard Enchainé », quelques heures après la publication mensuelle des chiffres du chômage, qui expliquent que 75 000 demandeurs d’emplois ont été placés en stage, ce qui les retire automatiquement du classement comme demandeurs d’emplois. Cet article a été largement commenté sur les réseaux sociaux, avant de rebondir dans les médias audiovisuels. En un mot, il a fait le buzz… Ce bad buzz qui transforme une fois de plus, ce que François Hollande croyait être un « carrosse » devant l’amener à pouvoir se représenter à la présidentielle, en citrouille… C’est de saison.

 

Visionner l’intervention de Nicolas Boudot pour « la Question de l’Eco » sur LCI
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Visionner l’émission « COMTOUJOURS »
L’ émission 100% décryptage de l’information après « la Question de l’éco » à laquelle participe un consultant de Tilder en débat avec un autre communicant et un éditorialiste.

 

A propos de La Question de l’Éco :

À un rythme hebdomadaire, « La Question de l’Éco » est traitée tous les jeudis, en direct sur LCI à 20h45, dans l’émission de Julien Arnaud « Le Grand Soir », qui démarre à 20h10. « Le Grand Soir », c’est deux heures d’informations politiques et économiques. Avec l’intervention de Frédéric Latrobe, Nicolas Boudot ou Guillaume Jubin, Associés chez Tilder, ce rendez-vous est l’occasion d’un décryptage en matière de communication d’un enjeu économique saillant à partir d’un sondage réalisé par un institut auprès d’un panel représentatif de la population française.