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Nicolas Boudot sur LCI pour « La Question de l’Eco » Un arbitrage budgétaire au service d’une communication statutaire

Question de l’éco du jeudi 30 avril 2015

1/ Dans le contexte actuel, diriez-vous que… ?

  • La défense nationale est une mission essentielle mais,  comme les autres ministères, elle doit contribuer à l’effort de maîtrise des dépenses publiques : 46 %
  • La défense nationale est une mission essentielle, donc son budget doit être préservé : 53 %
  • NSP : 1 %

2/ Etes-vous très satisfait, assez satisfait, assez mécontent ou très mécontent de la politique économique et sociale du gouvernement ?

  • Sous total « satisfait » : 32 %
  • Sous total « mécontent » : 68 % (+2 points par rapport à février 2015)

ANALYSE DES RESULTATS PAR NICOLAS BOUDOT, ASSOCIE CHEZ TILDER

1/ Plus d’un Français sur deux (53%) considère que le budget de la Défense nationale doit être préservé, en sa qualité de mission essentielle.

L’arbitrage rendu par François Hollande entre Michel Sapin et Jean-Yves Le Drian est en cohérence avec l’opinion. En effet, les Français souhaitent, à une courte majorité, la sanctuarisation du budget de la Défense. Cela s’explique bien sûr par le contexte actuel, qui est celui de la menace terroriste sur le territoire national, mais aussi de l’engagement de la France sur plusieurs théâtres d’opérations à l’étranger. Face à cette menace, et malgré des finances publiques sous contrainte, les Français ont besoin de se sentir protégés. C’est le rôle que François Hollande endosse en ayant choisi de préserver le budget de la Défense, ce qui lui permet par la même occasion de conforter sa posture de chef des armées, garant des moyens donnés à la France d’assurer sa sécurité et de tenir son rôle dans la période actuelle de tensions. Cette décision a donc une vraie dimension d’image pour le président de la République. Elle permet de recréer un marqueur de stature présidentielle sur un sujet de consensus républicain et de fierté nationale.

2 /Plus des deux tiers des Français (68%) se disent mécontents de la politique économique et sociale du gouvernement.

En l’absence de résultats tangibles et concrets, rappelée chaque mois par les mauvais chiffres du chômage, les Français ne font pas crédit de leur confiance au gouvernement. Ce résultat souligne le fait que l’éclaircie macro-économique et l’embellie annoncée ne sont absolument pas perçues dans l’économie réelle du quotidien, celle de l’emploi et du pouvoir d’achat notamment. Au sortir de la séquence sur la Loi Macron, dont l’esprit et la lettre étaient censés convaincre du déverrouillage bénéfique de l’économie française, et dans la foulée d’une offensive médiatique de François Hollande sur ces sujets ces derniers jours, cela prouve que le discours de l’exécutif n’est aujourd’hui pas audible. Dans ce contexte, l’essentiel pour le président de la République et pour le gouvernement est alors de continuer à afficher une stratégie d’action et de mouvement, en attendant que les premiers effets de l’amélioration conjoncturelle se fassent sentir en France. Afficher de l’attentisme politique sur le ton du « on a tout essayé » en réponse à l’impatience prononcée face au manque de résultats relèverait en effet du faux pas de communication. Après son erreur de calendrier sur l’inversion de la courbe du chômage, François Hollande ne peut en faire une deuxième. C’est pour cette raison qu’il a eu raison de se donner de l’oxygène en renvoyant à 2017 le moment du jugement sur le fond, sur un seul critère : le recul du chômage.

 

Visionner l’intervention de Nicolas Boudot