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Communiqué

Notation des candidats par l’Agence « triple E » d’EuropaNova » : l’Europe complexe ou le « complexe européen »

 L’analyse de communication des résultats de l’agence de notation « triple E » d’EuropaNova :

L’Europe complexe ou le « complexe européen »

 par Aurélie Motta-Rivey, Associée du Cabinet Tilder

 

EuropaNova publie ce matin en exclusivité dans l’Opinion les résultats de son agence de notation « triple E » des programmes européens des principaux candidats à l’élection présidentielle.– Retrouver l’intégralité des résultats

– Article dans l’opinion

Aurélie Motta-Rivey, Associée du Cabinet Tilder, apporte un éclairage de communication sur cette notation.

  1. L’agence « EEE » pour remettre l’Europe au cœur du débat présidentiel
  • L’Europe n’a cessé de perdre la « bataille de l’émotion » depuis le référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen. Les bienfaits de la construction européenne ont été balayés par les arguments des sceptiques : on le voit aujourd’hui avec le « Brexit » et le discours de certains candidats à la présidentielle.
  • On ne parle de l’Europe que lorsqu’elle peut servir de « bouc émissaire ». Les politiques s’en servent trouver ainsi une « explication facile » aux insuffisances nationales et aux responsabilités qu’ils n’ont pas prises.
  • L’Europe vit un « mauvais scénario médiatique » dont elle est en partie responsable : celle d’une institution complexe, technique et donc peu lisible, incapable d’expliquer simplement, concrètement et positivement ce qu’elle apporte au quotidien. A tel point que l’Europe a perdu le contact avec la plupart de ses concitoyens.
  • Parce que le « Frexit » est devenu une option pour certains candidats, EuropaNova a décidé de lancer l’agence « EEE », agence de notation du programme européen des candidats à l’élection présidentielle.
  • C’est pour inciter les candidats à parler « plus » et surtout « mieux » d’Europe. C’est aussi pour essayer de confronter la réalité de leur programme sur l’Europe à leurs discours. Concrètement, cela revient à évaluer le décalage potentiel qui peut exister entre le discours (l’image projetée), l’image perçue par l’opinion et la réalité des convictions.
  1. Il faut se méfier de l’« Europe bashing » à la française : derrière l’«euro-criticisme» se cachent souvent des programmes «euro-compatibles».
Pour les candidats des extrêmes, on constate une grande cohérence entre l’image projetée, l’image perçue et la réalité des convictions – entre les paroles et les actes :
  • Jean-Luc MELENCHON (E) – « eurocritisme radical » : Il fait le constat de l’incompatibilité entre son projet de refondation de la société et les traités actuels, et mène globalement une campagne extrêmement critique, même s’il proclame son envie de refonder une nouvelle Europe.
  • Marine LE PEN (F) – « euroscepticisme » : son programme comme son discours est violemment anti-européen et vise le démantèlement juridique, politique et économique de l’Union.
Pour les autres candidats, des programmes « euro-compatibles » en décalage, plus ou moins grand avec le discours qu’ils portent sur l’Europe.
  • Emmanuel MACRON (EE+) est sans doute le candidat qui assume le plus d’être pro-européen. Son programme est celui qui est le plus « euro-constructif ». Pour autant, la place quantitative du sujet européen dans ses prises de parole publiques, et notamment lors du dernier débat, reste relativement faible.
  • François FILLON (EE) : par sa volonté de réduire l’action de la Commission, il s’éloigne du fonctionnement institutionnel européen en vigueur. Partisan d’une Europe des Etats, son programme pragmatique intègre toutefois qu’il n’y a pas d’avenir pour la France sans l’Europe (convergence économique, harmonisation fiscale). Pour autant, la place quantitative du sujet européen dans ses prises de parole publiques est encore plus faible.
  • Benoit HAMON (EE-) : Dans le discours du candidat PS, l’Europe libérale actuelle est un obstacle aux transformations sociales et économiques qu’il souhaite, même si l’échelon européen reste pertinent selon lui pour mener de grandes politiques publiques (lutte contre le dumping social, défense européenne, mutualisation de la dette des Etats).
Les candidats à la présidentielle en France se distinguent de leurs homologues européens par leur « eurocriticisme », c’est-à-dire un discours qui sans être fondamentalement opposé au projet européen reste très critique de la construction européenne sous sa forme actuelle.
L’Europe abordée dans le débat public français est systématiquement pointée du doigt pour ses insuffisances et ses échecs. Même les candidats qui se disent en faveur du projet européen, à l’image de Benoit HAMON, ou François FILLON se font plus entendre pour leurs critiques que pour leur défense de l’Europe.
Au final, à l’exception des candidats des extrêmes, les candidats sont tous plus « pro-européens » qu’ils en ont l’air : s’ils sont souvent « eurocritiques » dans le discours, ils sont clairement « euro-compatibles » voire « euroconstructifs » dans leurs propositions.
  1. Une erreur de posture de communication face à un rêve qui ne demande qu’à être incarné positivement !
  • Cette émotion positive souffre d’un manque d’incarnation. L’institution peine à convaincre une majorité de Français, elle souffre d’une communication peu lisible et d’une technicité excessive.
  • Les candidats ne doivent pas oublier que l’opinion demande avant tout une cohérence entre la parole et les actes, une sincérité, et ce sur l’ensemble des sujets. Certains sont pro-européens sans totalement l’assumer publiquement. Ils auraient tout intérêt à dépasser ce « complexe européen » et assumer leurs positions !

Contact :
Aurélie Motta-Rivey – Tilder – 0144149990