À propos de La Question de l’Éco :

À un rythme hebdomadaire, « La question de l’éco » est présentée dans « Le quotidien de l’économie » d’Emmanuel Kessler, diffusé sur LCI à 20h10 et 21h10. Avec l’intervention de Frédéric Latrobe, associé de Tilder, ou Nicolas Boudot, Directeur chez Tilder, ce rendez-vous est l’occasion d’un décryptage en matière de communication d’un enjeu économique saillant de la semaine à partir d’un sondage réalisé par un institut auprès d’un panel représentatif de la population française. Cette semaine, le décryptage de « la question de l’éco » est présenté par Nicolas Boudot, directeur chez Tilder.

Q: Le président de la République, François Hollande, interviendra à la télévision ce dimanche 14 juillet sur TF1 et France 2. 

Parmi les sujets suivants, quels sont ceux que vous souhaitez qu’il aborde en priorité ? (deux réponses possibles.Total supérieur à 100%) 

L’emploi 47 %

  • La réduction des dépenses de l’Etat 46 %
  • Le projet de réforme des retraites 25 %
  • La fiscalité 21 %
  • Le déficit budgétaire 20 %
  • La sécurité des biens et des personnes 12 %
  • Les réformes de modernisation de la vie politique 10 %
  • Le logement 7 %
  • NSP 1 %

Q: Au 1er août 2013 le prix de l’électricité augmentera de 5 % en France. Trouvez­vous que cette hausse soit justifiée ?      

  •  Sous-total OUI 16 %
  • Sous-total NON : 84 %

 ANALYSE DE NICOLAS BOUDOT DIRECTEUR CHEZ TILDER

  • Près de 1 Français sur 2 considère que l’emploi est le sujet devant être abordé prioritairement par le Président de la République lors de son intervention télévisée.

Le sondage OpinionWay pour LCI et TILDER montre que deux sujets se détachent des préoccupations des Français à quelques jours de l’intervention télévisée du Chef de l’Etat, sur TF1 et France 2, à l’occasion de la fête Nationale le 14 juillet prochain : l’emploi et la réduction des dépenses de l’Etat.

A contrario, la sécurité des personnes et des biens, qui fut pendant longtemps l’un des sujets de prédilection des Français, est désormais reléguée au rang de préoccupation secondaire, il en va de même de la réforme de la modernisation de la vie politique (règles du non cumul des mandats, etc.) et du logement.

Le projet de réforme des retraites, la fiscalité et le déficit budgétaire occupent, pour finir, le ventre mou des réponses des Français interrogés, malgré l’insistance médiatique du gouvernement à présenter la réforme des retraites comme une urgence absolue. Celle-ci ne trouve qu’une concrétisation relative de son importance dans l’opinion publique.

L’ensemble des ces résultats traduit le pessimisme des Français interrogés sur leur avenir immédiat et celui de leurs proches comme sur la capacité de l’Etat à maintenir son rôle de régulateur économique et social. Ces résultats traduisent également un besoin de réponses rapides et concrètes sur les questions sociales et une demande d’un effort partagé par tous y compris par l’Etat (46% des Français interrogés considérant que la réduction des dépenses de l’Etat est une priorité).

Le Chef de l’Etat sera donc confronté à un triple impératif de communication :

Il doit d’abord effacer les ratés des deux dernières émissions de télévision où il est apparu, sur France 2 face à David Pujadas, puis sur M6 dans l’émission « Capital ». Le fait de s’exprimer de manière assez classique sur les deux principales chaînes de télévision depuis l’Elysée devrait lui permettre de re-présidentialiser son image médiatique abîmée par ses deux tentatives de prise de parole « différenciantes ».

  •  Ensuite, il doit impérativement reprendre la main sur l’agenda médiatique largement abandonné depuis une semaine entière à son prédécesseur qui, depuis la censure de ses comptes de campagne par le Conseil Constitutionnel, occupe de nouveau le devant de la scène médiatique et politique.
  • Enfin, et c’est sans doute le point le plus important pour François Hollande, quelque soit le sujet qu’il abordera en priorité, en imaginant qu’il tienne compte du sondage OpinionWay pour LCI et Tilder, il devra corriger son principal défaut en communication qui est de se laisser enfermer dans un discours technocratique et retrouver sa capacité d’orateur et de rhéteur qui pendant la campagne de 2012 lui avait permis de faire la différence. S’il veut réussir son intervention télévisée, il devra de nouveau parler au cœur des Français.
  • Plus de 8 Français sur 10 considèrent injustifiée la hausse du prix de l’électricité le 1er aout prochain.

Pourtant le gouvernement, la CRE et EDF avaient particulièrement bien orchestré la communication autour de cette annonce : l’envoi d’un communiqué de presse à 23h00 assumant cette hausse, a pris tout le monde à contre pied. Pour les annonces du même ordre effectuées par les différents gouvernements précédents, la méthode de communication avait été tout autre : des fuites plus ou moins orchestrées dans la presse suivies de timides confirmations ou mises au point de la part des ministres concernés qui permettaient certes d’éviter les polémiques, mais ne permettaient jamais d’expliquer les motifs de la hausse.

Là, le gouvernement a voulu faire preuve de pédagogie en publiant un communiqué explicatif particulièrement détaillé sur les causes et motifs de cette augmentation. C’est une première et cette volonté de tenir un discours de vérité et donc d’assumer les mauvaises nouvelles est une méthode de communication politique nouvelle qu’il convient de saluer tant elle est positive pour l’image des hommes politiques.

Malgré cela, il faut constater que cette méthode n’a pas permis de convaincre les Français de la justification de cette hausse. L’argument du rattrapage des prix du fait du refus par le gouvernement précédent d’augmenter les prix de l’électricité pour cause de campagne électorale, comme l’argument consistant à dire que cette augmentation était la garantie du maintien optimum de la sécurité des sites de production et du réseau électrique n’ont manifestement pas convaincu les Français…

La répétition étant l’art de la communication, le gouvernement devra une fois de plus s’employer à convaincre les Français du bien-fondé de cette augmentation, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour y parvenir.

L’intégralité du sondage