À propos de La Question de l’Éco : À un rythme hebdomadaire, « La question de l’éco » est présentée dans « Le quotidien de l’économie » d’Emmanuel Kessler, diffusé sur LCI à 20h10 et 21h10. Avec l’intervention de Frédéric Latrobe, associé de Tilder ou Nicolas Boudot, Directeur chez Tilder, ce rendez-vous est l’occasion d’un décryptage en matière de communication d’un enjeu économique saillant de la semaine à partir d’un sondage réalisé par un institut auprès d’un panel représentatif de la population française.

Q1 : Diriez-vous que vous avez une très bonne opinion, une assez bonne opinion, une assez mauvaise opinion ou une très mauvaise opinion des agriculteurs français ?

  • Sous total « bonne opinion » : 77 % (+2 points par rapport à février 2008)
  • Sous total « mauvaise opinion » : 22 % (- 2 points par rapport à février 2008)
  • NSP : 1 %

Q2 : Faites-vous tout à fait confiance, plutôt confiance, plutôt pas confiance ou pas du tout confiance aux agriculteurs français pour… ?

  • … garantir la sécurité alimentaire :

a)     Sous total « confiance » : 75 %
b)     Sous total « pas confiance » : 24 %
c)     NSP : 1 %

  • … respecter l’environnement :

a)     Sous total « confiance » : 48 %
b)     Sous total « pas confiance » : 51 %
c)     NSP : 1 %

ANALYSE DE NICOLAS BOUDOT, ASSOCIE CHEZ TILDER

Q1 : 77% des Français affirment avoir une bonne opinion des agriculteurs français

Le bonheur est dans le pré pour une très large majorité de Français ! Ce résultat progresse de 2 points depuis le précédent sondage OpinionWay de février 2008.

A 48 heures de l’ouverture du Salon International de l’Agriculture, ces chiffres devraient rassurer une profession pourtant en proie aux doutes et aux difficultés de tout ordre : crise des vocations, désertification agricole, pression de la grande distribution qui sont autant de motifs de crispation.

En communication, les résultats de ce sondage induisent deux commentaires :

  • Les actions violentes de certains agriculteurs bretons (aux bonnets rouges) contre l’ecotaxe principalement, n’ont absolument pas entamé le crédit des Français à leur égard. Au contraire, l’appréciation positive progresse même de deux points. C’est un signal politique à l’endroit de l’exécutif : les actions, même les plus violentes, ne sont pas nécessairement condamnées par la majorité de la population. 
  • Les instances représentatives des professions agricoles en France, réunies le 21 février à l’occasion des Etats Généraux de l’Agriculture, peuvent s’appuyer sur un matelas d’opinions favorable très confortable qui leur permet de peser dans les débats public et politique. A quelques semaines des élections municipales et européennes, ils pourront affirmer qu’il faut compter avec les agriculteurs. 

Q2 : Si les Français font confiance aux agriculteurs pour garantir la sécurité alimentaire (75%), ils sont 51% à ne pas leur faire confiance dans le cadre du respect de l’environnement.

L’agriculture française est face à un paradoxe : les agriculteurs doivent produire plus alors qu’ils sont moins nombreux, que les critères qualitatifs sont de plus en plus contraignants et que les Français les jugent durement quand il s’agit des critères de respect de l’environnement.

Les récentes crises liées à l’agriculture intensive (algues vertes en Bretagne par exemple), auxquelles il faut ajouter des crises sanitaires comme la grippe aviaire,  ou encore l’imbroglio juridique sur les OGM ces dernières années n’ont pas entamé la confiance des Français dans la capacité des agriculteurs à garantir la sécurité alimentaire.

Le constat est tout autre lorsque l’on aborde les questions de respect de l’environnement, puisqu’une majorité de Français (51%) ne fait pas confiance aux agriculteurs dans ce domaine.

En communication, les agriculteurs et leurs représentants doivent rassurer davantage les Français en démontrant leur capacité à produire plus et mieux. La bataille de la communication sera pleinement gagnée lorsque les agriculteurs auront convaincu les Français qu’ils sont capables de produire tout en protégeant l’environnement, qui est aussi leur outil de travail ! Ce type de communication ne peut réussir que par une politique de preuves. Aux agriculteurs désormais d’ouvrir leurs portes !

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