À un rythme hebdomadaire, « La question de l’éco » est présentée dans « Le quotidien de l’économie » d’Emmanuel Kessler, diffusé sur LCI à 20h10 et 21h10. Avec l’intervention de Frédéric Latrobe, ce rendez-vous est l’occasion d’un décryptage en matière de communication d’un enjeu économique saillant de la semaine à partir d’un sondage réalisé par un institut auprès d’un panel représentatif de la population française.

Les questions et les réponses du jeudi 25 avril 2013

Q1. Etes-vous très satisfait, assez satisfait, assez mécontent ou très mécontent de la politique économique et sociale du gouvernement de Jean-Marc Ayrault ?
(question barométrique posée chaque mois)

  • Sous-total « satisfait » : 20 % (- 3 points depuis mars 2013)
  • Sous-total « mécontent » : 79 % (+ 3 points depuis mars 2013)
  • NSP : 1 %
 Q2. Pour améliorer la compétitivité des entreprises, êtes-vous favorable ou opposé à l’augmentation de la durée hebdomadaire du temps de travail de 35h à 39h, sans augmentation de salaire ? 
  • Sous-total « favorable« : 35%
  • Sous-total « opposé » : 65%
L’analyse de Frédéric Latrobe, associé chez Tilder

Deux tiers des Français sont opposés aux 39h de travail hebdomadaire payées 35h comme l’a proposé François Fillon lors d’un entretien accordé cette semaine aux Echos…

François Fillon est dans une double logique de communication présidentielle. D’une part, il se positionne à quelques jours des un an de l’élection de François Hollande comme l’interlocuteur et le contradicteur du Président de la République. D’autre part, il le fait en préemptant un thème politique de la droite à forte résonance sarkozyste : la valeur travail. Le symbole devient un marqueur et c’est ce dont l’ancien Premier Ministre a besoin, même si sur le fond, les Français ne soutiennent pas cette proposition.

Par ailleurs, cette sortie est habile dans le contexte actuel : elle est économique et donc proche des préoccupations des gens alors que l’exécutif sort à peine d’une longue séquence sociétale dans laquelle son concurrent Jean-François Copé s’est beaucoup investi. De plus, elle place François Fillon du côté des entreprises à qui le gouvernement est accusé de faire la guerre. Mais tout ça n’est pas sans risque : les Français ne veulent pas toucher aux 35h et ils risquent en plus d’avoir du mal avec l’idée d’allonger le travail des uns quand de plus en plus de Français en cherchent. C’est une logique qu’il est difficile de contrer en communication comme à l’époque où Martine Aubry avait « vendu » les 35h avec un slogan imparable : du temps pour moi, un travail pour les autres.

La perte de confiance dans la politique économique et sociale du gouvernement se poursuit avec une nouvelle chute de 3 points en un mois à 20% de satisfaits…

Ces résultats doivent conduire le gouvernement à reprendre d’urgence la main sur l’agenda économique et social. La nature ayant horreur du vide, le trou d’air qui risque de succéder à l’agitation de la séquence sociétale autour du mariage pour tous peut en effet amplifier la focalisation de l’opinion sur le manque de résultats sur le front du redressement économique et de la lutte contre le chômage. De ce point de vue, l’exécutif pourrait avoir intérêt à mettre d’ores et déjà en perspective la prochaine Conférence sociale, qui se tiendra en juillet prochain, afin de mettre en tension l’opinion sur ces sujets et de construire une communication de mobilisation. Parallèlement, les voix qui comme Claude Bartolone appellent à un deuxième temps du quinquennat trouvent un écho dans ce sondage : le gouvernement doit créer une rupture et trouver le ton de communication offensif qui l’accompagne.

 Résultats détaillés du sondage : cliquez-ici