À propos de La Question de l’Éco : À un rythme hebdomadaire, « La question de l’éco » est présentée dans « Le quotidien de l’économie » d’Emmanuel Kessler, diffusé sur LCI à 20h10 et 21h10. Avec l’intervention de Frédéric Latrobe, associé de Tilder ou Nicolas Boudot, Directeur chez Tilder, ce rendez-vous est l’occasion d’un décryptage en matière de communication d’un enjeu économique saillant de la semaine à partir d’un sondage réalisé par un institut auprès d’un panel représentatif de la population française.

Q1 : Diriez-vous que la politique économique menée par le gouvernement de Manuel Valls est une politique économique de gauche ?

  • Sous total « OUI » : 31 %
  • Sous total « NON » : 67 %
  • NSP : 2 %

Q2 : Quelle opinion avez-vous de Total ?

  • Sous total « Bonne opinion » : 59 %
  • Sous total « Mauvaise opinion » : 39 %
  • NSP : 2 %

ANALYSE DE FREDERIC LATROBE, ASSOCIE CHEZ TILDER

Q1 : Deux tiers des Français jugent que la politique économique menée par le gouvernement de Manuel Valls n’est pas une politique de gauche

Manuel Valls n’est pas le Premier ministre le plus à gauche qu’on ait connu, donc ce résultat n’est pas vraiment une surprise, excepté lorsque l’on regarde le détail des électeurs qui ont voté François Hollande : ils ne s’y retrouvent plus. De ce fait, ce sondage vient mettre de l’huile sur le feu qui s’est embrasé depuis 48h. Pour porter l’enjeu politique, qui est déjà celui du prochain Congrès et de l’après Hollande pour tous les ténors de la majorité, on voit bien que la communication et les mots vont être le nerf de la guerre. Après le pacte de « responsabilité » auquel il a fallu ajouter la « solidarité », après la querelle entre « politique de l’offre » et « politique de la demande », la partition se joue maintenant entre « la gauche passéiste » et « la gauche moderne ». Le prochain mot sur la balance, c’est déjà celui de « socialisme ». Cela pose une question : de quoi Manuel Valls est-il le nom ? Partisan du « long terme » et voulant incarner la modernité, le Premier ministre aimerait certainement s’appeler Blair ou Schröder, mais ce n’est pas encore le cas.

Q2 : Près de 60% des personnes interrogées ont une bonne opinion du groupe Total

Ce résultat est à la fois une surprise et un hommage posthume à Christophe de Margerie. Une surprise car ce n’était pas gagné d’avance… Il y a certainement une dimension émotionnelle dans ce résultat positif au moment où les hommages envers Christophe de Margerie se multiplient : le capital sympathie pour l’homme décrit depuis deux jours comme un capitaine d’industrie singulier et visionnaire rejaillit en effet sur la marque. Il faudra voir si après l’émotion, la perception du groupe reste effectivement la même. Mais cela montre que les Français ne sont plus forcément fâchés avec le « pétrolier » du temps de l’Erika, avec les dossiers de la Birmanie, de l’Iran, de l’Irak ou encore avec le sujet des gros bénéfices et des petits impôts. Il y a donc un effet Christophe de Margerie qui aura su associer l’image de l’entreprise à la sienne et faire passer au premier plan son statut d’acteur mondial dont les Français aiment être fiers.

Visionner l’intervention de Frédéric Latrobe