Sondage du jeudi 14 janvier 2016

Q1 : Selon vous, les risques d’attentats auront-ils un impact négatif ou peu d’impact sur la croissance en France en 2016 ?

  • Sous total « Impact négatif » : 63%
  • Sous total « Peu d’impact » : 37 %

Q2 : Et toujours selon vous, l’organisation de l’Euro 2016 en France en juin prochain aura-t-elle un impact positif ou peu d’impact sur la croissance en France en 2016 ?

  • Sous total « Impact positif » : 39%
  • Sous total « peu d’impact » : 60%
  • NSP : 1%

ANALYSE DES RESULTATS PAR GUILLAUME JUBIN, ASSOCIE CHEZ TILDER

Q1 : Selon vous, les risques d’attentats auront-ils un impact négatif ou peu d’impact sur la croissance en France en 2016 ?

Le sondage Opinion Way pour LCI et Tilder indique, sans surprise, qu’une majorité de Français craint que le risque d’attentats que connaît le pays ait un impact négatif sur la croissance de la France en 2016.

Alors que les attentats du 13 novembre visaient la jeunesse, on observe en particulier que près de 80% des 18-24 ans sont convaincus de l’impact négatifs des événements survenus il y’ a deux mois sur la croissance.

Cependant, on constate qu’au sein de l’ensemble de la population, la majorité de personnes convaincues de l’impact économique négatif des attentats, si elle est nette, n’est n’est pas aussi écrasante qu’on aurait pu l’imaginer.

Deux mois presque jour pour jour après les attentats du 13 novembre, près de 4 personnes interrogées sur 10 estiment que le risque d’attentat aura peu d’impact sur la croissance française en 2016. Ce chiffre, relativement élevé étant donné le contexte et le caractère récent des événements, traduit une volonté des Français de continuer à vivre « comme avant » et de conserver une analyse de la situation économique du pays qui soit aussi déconnectée que possible des problématiques sécuritaires.

Il indique également que, par leur gestion des événements et par les mesures annoncées au cours des dernières semaines, le Président de la République et le gouvernement ont su éviter que les Français basculent dans une obsession sécuritaire qui aurait rendu anecdotiques tous les autres thèmes du débat public.

Cela signifie enfin que de réelles attentes persistent au sein de la population sur les sujets économiques.

François Hollande et le gouvernement demeureront ainsi, en 2016, dans l’obligation d’obtenir des résultats économiques significatifs s’ils veulent reconquérir la confiance des Français dans la perspective des échéances électorales de 2017. En annonçant un volet de mesures pour l’emploi en décembre dernier, l’exécutif a voulu tenir compte de cette situation.

Q2 : Selon vous, l’organisation de l’Euro 2016 en France en juin prochain aura-t-elle un impact positif ou peu d’impact sur la croissance en France en 2016?

Alors que l’Euro 2016 se déroulera dans toute la France à partir du mois de juin, les Français, dans leur grande majorité, ne croient pas que le pays retirera des bénéfices économiques de l’organisation sur son sol de la principale compétition de football en Europe.

Ces chiffres, qui traduisent le pessimisme global des Français sur la situation économique du pays, illustrent également de manière spectaculaire le peu d’enthousiasme qu’ils éprouvent vis-à-vis d’un événement qui débutera dans moins de six mois.

Ils démontrent également un manque de pédagogie, depuis l’attribution de l’Euro 2016 à la France, autour de l’opportunité économique que représente un tel événement.

Plusieurs faits d’actualités survenus en 2015 peuvent expliquer ce manque d’intérêt. Les attentats de novembre, qui ont notamment touché le Stade de France, l’affaire Benzema-Valbuena, qui ramène le football français à ses vieux démons, ainsi que les résultats médiocres de l’équipe de France au cours de l’année 2015, sont autant d’éléments qui ont pu faire naître un début d’indifférence pour l’Euro chez les Français.

Les résultats de ce sondage sont également la conséquence directe du choix par les organisateurs de la compétition d’une communication à la fois minimaliste et désincarnée.

À quelque mois seulement du coup d’envoi, il n’existe pas aujourd’hui de dispositif de communication ou de marketing qui pourrait dès à présent faire exister l’événement dans l’opinion et créer une attente au sein de la population

Par ailleurs, des grands événements sportifs comme les Jeux Olympiques de Londres, ou les Coupes du monde de football de 1998, en France, de 2006, en Allemagne, et de 2014 au Brésil, avaient su, grâce à des personnalités comme Sebastian Coe, Michel Platini, Franz Beckenbauer ou Lula, trouver un visage et une voix. L’Euro 2016 ne dispose en revanche pas à ce jour d’un porte-parole qui serait en mesure d’incarner la compétition aux yeux des français et, plus largement, des européens

Le gouvernement devra déterminer dans les prochaines semaines si il souhaite, dans un contexte économique et sécuritaire difficile, se donner les moyens, en terme de communication, de faire de l’Euro 2016 une grande fête populaire comme l’avait été la Coupe du monde en 1998.

 

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A propos de La Question de l’Éco :

À un rythme hebdomadaire, « La Question de l’Éco » est traitée tous les jeudis, en direct sur LCI à 19 h 30, dans l’émission de  Julien ARNAUD : La newsroom. Après un tour de l’actualité, Julien ARNAUD donne la parole aux journalistes de la rédaction et à divers experts pour une analyse pointue des grands dossiers du jour. Avec l’intervention de Frédéric Latrobe, Nicolas Boudot ou Guillaume Jubin, Associés chez Tilder, ce rendez-vous est l’occasion d’un décryptage en matière de communication d’un enjeu économique saillant à partir d’un sondage réalisé par un institut auprès d’un panel représentatif de la population française.