À propos de La Question de l’Éco : À un rythme hebdomadaire, « La question de l’éco » est présentée dans « Le quotidien de l’économie » d’Emmanuel Kessler, diffusé sur LCI à 20h10 et 21h10. Avec l’intervention de Frédéric Latrobe, associé de Tilder ou Nicolas Boudot, Directeur chez Tilder, ce rendez-vous est l’occasion d’un décryptage en matière de communication d’un enjeu économique saillant de la semaine à partir d’un sondage réalisé par un institut auprès d’un panel représentatif de la population française.

Q1 : Pensez-vous qu’un bon parcours de l’équipe de France de football lors de la Coupe du Monde aura un effet positif sur l’économie française ?

  • Sous total OUI : 39 %
  • Sous total NON : 58 %
  • NSP : 3 %

Q2 : Pensez-vous que le chômage baissera en France d’ici 2017, fin du quinquennat de François Hollande ?

  • Sous total OUI : 25 %
  • Sous total NON : 74 %
  • NSP : 1 %

ANALYSE DE NICOLAS BOUDOT, ASSOCIE CHEZ TILDER

 

Q1 : Conséquences économiques du bon parcours de l’équipe de France de football

 

Une majorité des Français interrogés ne croit pas à un effet « Coupe du Monde » sur l’économie française. En effet, 58% des personnes interrogées estiment qu’un bon parcours de l’équipe de France n’aura pas d’effet positif sur l’économie française. A nouveau, les Français ne se trouvent donc pas en phase avec le président de la République, François Hollande, qui compte, si l’on en croit les déclarations rapportées dans la presse, sur un bon résultat des Bleus au Brésil pour redonner le moral aux ménages et ainsi relancer la consommation. Il n’y a guère que la base électorale de François Hollande (ses électeurs du 1er tour) pour croire majoritairement à ce pari du président de la République (52%).

 

Il est vrai qu’à l’aune des dernières prévisions de l’Insee, qui revoient à la baisse les projections du gouvernement en matière de croissance, François Hollande aurait plus que jamais besoin d’un déclic pour insuffler un « choc de confiance » au pays. Un parcours brillant de la sélection nationale en Coupe du Monde, l’événement sportif le plus suivi en France (près d’un quart des Français sont derrière leur écran à chaque match des Bleus), semble impératif pour rompre avec la défiance des Français pour leur avenir comme envers le Chef de l’Etat. Toutefois, il semblerait que la fracture soit trop profonde dans l’opinion pour que les exploits des Bleus suffisent à la résorber.

Quoi qu’il en soit, l’épopée de l’équipe de France lors de cette Coupe du Monde demeure une séquence de communication extrêmement positive, qui véhicule des valeurs retrouvées de cohésion collective et de goût de la gagne associées au groupe emmené par Didier Deschamps. François Hollande a donc tout intérêt à associer son image à celle de ces Bleus devenus moins pâles, comme avait su le faire Jacques Chirac lors de la victoire de 1998. Son déplacement annoncé au Brésil en cas de quarts de finales sera l’occasion de capitaliser sur l’engouement suscité par l’équipe de France. A moins que le Nigeria n’en décide autrement lundi, en 8èmes de finale…

 

Q2 – Opinion quant à la baisse du chômage d’ici 2017

 

Près des trois quarts des Français interrogés (74%) ne pensent pas que le chômage baissera d’ici 2017.

Ce résultat traduit nettement le pessimisme qui frappe la population française, et notamment les plus modestes, qui sont plus de 8 sur 10 à penser que le chômage ne baissera pas d’ici 2017. Les chiffres parus aujourd’hui à 18 heures, faisant état d’une augmentation de 0,7% du chômage, ne vont pas aider à améliorer ce sentiment.

 

Le climat de défiance qui pèse sur la situation économique du pays reste particulièrement fort, ce qui présente en communication à la fois un inconvénient majeur et une opportunité décisive pour l’exécutif : si sans confiance, les résultats économiques sont plus difficiles à obtenir, les bénéfices, en cas de réussite de la politique de l’emploi du gouvernement, n’en seront que décuplés auprès de l’opinion. L’exécutif devra donc valoriser chaque bonne nouvelle dans ce domaine. C’est d’autant plus vrai que le président de la République, qui a lui-même lié son destin aux résultats du gouvernement sur le front du chômage en déclarant qu’il ne se représenterait pas à l’élection présidentielle si le chômage ne reculait pas, s’est mis en première ligne dans les médias et doit donc faire face à l’incrédulité mais aussi à la forte attente d’une grande majorité de ses concitoyens.

 

L’année passée, les argumentaires venant étayer l’hypothèse d’une inversion de la courbe, en décalage avec la réalité constatée et vécue par plusieurs millions de Français sur le marché de l’emploi, ont contribué aux lourdes défaites infligées à la majorité socialiste lors des échéances municipales puis européennes du printemps dernier. Au vu des résultats de ce sondage, le terreau du mécontentement envers le manque de résultats de la politique de l’emploi du gouvernement semble toujours aussi fertile… Il est donc urgent que le gouvernement trouve les bons arguments.

 

Visionner l’intervention de Nicolas Boudot