À propos de La Question de l’Éco : À un rythme hebdomadaire, « La question de l’éco » est présentée dans « Le quotidien de l’économie » d’Emmanuel Kessler, diffusé sur LCI à 20h10 et 21h10. Avec l’intervention de Frédéric Latrobe, associé de Tilder ou Nicolas Boudot, Directeur chez Tilder, ce rendez-vous est l’occasion d’un décryptage en matière de communication d’un enjeu économique saillant de la semaine à partir d’un sondage réalisé par un institut auprès d’un panel représentatif de la population française.

Q1 : Concernant le régime spécifique d’indemnisation chômage des intermittents, avec laquelle des opinons suivantes êtes-vous le plus d’accord ?

  • Il faut le réformer pour qu’il se rapproche du régime général d’indemnisation des chômeurs : 66 %
  • Il faut le conserver car ce ne sont pas des métiers comment les autres : 33 %
  • NSP : 1 %

Q2 : Selon vous, la mise en place du pacte de responsabilité permettra-t-elle de créer des emplois en France ?

  • Sous total « OUI » : 31 %
  • Sous total « NON » : 68 %
  • NSP : 1 %

ANALYSE DE FREDERIC LATROBE, ASSOCIE CHEZ TILDER

Q1 : 2/3 des Français souhaitent une réforme du régime des intermittents

Le sujet des intermittents est un dossier explosif en terme de communication. Plusieurs tentatives ont déjà échoué pour réformer un régime d’indemnisation chômage sanctuarisé pour les personnels du monde culturel. A l’époque, la droite ne pouvait rien faire au risque d’être taxée d’ennemie de la culture. Aujourd’hui, le gouvernement, pourtant de gauche, est aussi pris en tenaille entre un discours de justice pour faire porter par tous l’effort de rééquilibrage des comptes sociaux et sa volonté, à un mois des municipales, de ne pas s’attaquer frontalement à une partie de son électorat. Toucher aux intermittents serait un marqueur négatif pour François Hollande, qui doit déjà faire la pédagogie de son virage économique. Aux partenaires sociaux donc de s’en débrouiller, qui sont maintenant avertis de la position des Français…

Q2 : Pour 68% des personnes interrogées, le pacte de responsabilité ne permettra pas de créer des emplois en France…

Dans le contexte actuel, le résultat ne pouvait pas être différent. Les mauvais chiffres du chômage se succèdent mois après mois, l’inversion de la courbe ne s’est pas réalisée et donc la défiance est de mise. Sans résultats probants, il n’y aura pas de confiance en l’avenir sur le front de l’emploi. En attendant des signes encourageants, le gouvernement a raison de réaffirmer sans cesse sa priorité absolue à la lutte contre le chômage et devrait même s’attacher à illustrer et incarner davantage les premiers effets de sa politique. De même, le patronat a raison d’avoir un discours de mobilisation et d’exprimer une obligation de moyens sur l’emploi. Parce que l’emploi ne se décrète pas, la séquence qui s’ouvre sur le pacte de responsabilité est donc une affaire d’état d’esprit et de confiance plus qu’une bataille de chiffres.

Visionner la vidéo de l’intervention de Frédéric Latrobe