Chaque mardi, Matthias Leridon intervient sur un ou deux sujets d’actualité dans les « Débats de France Info » à 20h50, une émission animée par Olivier de Lagarde.

Il intervenait ce mardi avec Jean-Luc MANO, Directeur d’ONLY CONSEIL, sur « non-retour » de Nicolas SARKOZ,  non-retour bien orchestré avec une arrivée en voiture au siège de l’UMP digne d’un chef d’Etat, un bain de foule, un discours de 40 minutes devant les cadres du parti retransmis en live sur le compte Twitter de l’ancien président. Séquence réussie ?

Extraits :

 » C’est une très grande victoire psychologique de Nicolas SARKOZY. D’abord parce qu’il annonce qu’il démissionne du Conseil constitutionnel, et en droit on ne démissionne pas du Conseil constitutionnel quand on est ancien président de la République : on se met en retrait. Mais cela lui redonne une forme de liberté d’action contre le système et sa très grande force est de donner l’impression d’être plus fort que le système. Il retrouve une certaine liberté, une liberté symbolique, il sort du système, le Conseil constitutionnel, en le scénarisant. Il va à l’UMP et respecte sa stratégie de silence organisé depuis qu’il est sorti de l’Elysée où il  ne s’exprime pas publiquement – tout en faisant  la une des magazines.

Dans le même temps il s’exprime vis-à-vis de ses « amis » : ses amis de l’UMP, ses amis sur Facebook, il dialogue en fait avec son environnement amical, il ne dialogue pas avec l’opinion publique mais il fait en même temps l’actualité, très belle victoire. (…)

« La grande force de Nicolas SARKOZY ce n’est pas finalement de maîtriser un calendrier, celui des élections européennes ou municipales, mais de choisir à chaque fois dans un événement d’actualité qu’il subit – il se serait bien passé de cet élément du Conseil constitutionnel – il arrive à faire quelque chose qui contribue à renforcer son image. C’est une séquence dans laquelle il sort renforcé très clairement, comme étant effectivement le chef de l’UMP… »

« Mais il s’humanise, suite à une longue série d’agressions de l’extérieur, comme sa séquence avec les juges, il se renforce sans consommer de prise de parole publique, politique, médiatique. C’est depuis le début de la Ve République le seul président de la République qui en étant silencieux est aussi présent dans la vie politique. François MITTERRAND n’avait pas du tout la montée négative dans l’opinion publique à laquelle a fait face Nicolas SARKOZY il y a un an. A l’époque, il n’y avait ni Internet, ni réseaux sociaux, Nicolas SARKOZY sait que les réseaux sociaux sont la vie quotidienne des Français, en tout cas des plus jeunes générations. Il joue très bien sa partition sur les réseaux sociaux. C’est à la fois un silence qui le protège et un dialogue empathique avec ses amis. Or, on sait que la dernière élection son problème c’était… »

« François FILLON est un peu plus mort que Jean-François COPE dans ce moment un peu historique où il revient à l’UMP. François FILLON n’applaudit pas, mollement, Jean-François COPE en face est à la tête du parti, il y a une espèce d’empathie derrière Nicolas SARKOZY. L’UMP c’est un parti qui chasse en meute, on n’est pas comme au Parti socialiste où il y a une cacophonie entre toutes les différentes tendances, les différents courants. L’UMP il faut qu’il y ait un chef, le chef est revenu, il a fait son discours, il est reparti mais il y a un chef. Maintenant il y a un deuxième chef : celui qui est le chef du parti. Donc moi je trouve qu’entre les deux, Fillon et Copé, il y en a un qui bouge encore un peu, l’autre bouge un peu moins.

« Il y a un grand gagnant en plus de Nicolas SARKOZY c’est l’UMP, qui était en fait tiraillée entre un chef et un pseudo candidat qui n’était pas le chef qui aurait pu être le chef. Aujourd’hui on a redécouvert qu’il y avait un grand parti qui s’appelait l’UMP et que ce grand parti quand il avait son chef à sa tête qui venait faire un discours devant lui, redevenait un parti ».

(…) FIN]