À propos de La Question de l’Éco : À un rythme hebdomadaire, « La question de l’éco » est présentée dans « Le quotidien de l’économie » d’Emmanuel Kessler, diffusé sur LCI à 20h10 et 21h10. Avec l’intervention de Frédéric Latrobe, associé de Tilder ou Nicolas Boudot, Directeur chez Tilder, ce rendez-vous est l’occasion d’un décryptage en matière de communication d’un enjeu économique saillant de la semaine à partir d’un sondage réalisé par un institut auprès d’un panel représentatif de la population française.

Questions du sondage :

Q1 : SELON VOUS, QUELLE MESURE PERMETTRAIT EN PRIORITE D’AMELIORER LE SYSTEME SCOLAIRE ?

  • Réformer la formation des enseignants :   40%
  • Augmenter le nombre d’enseignants :   28%
  • Réformer les rythmes scolaires :   20%
  • Augmenter les moyens accordés aux zones prioritaires :   11%
  • NSP :   1%

Q2 : LE GOUVERNEMENT A DECIDE UNE HAUSSE DE LA TVA AU 1er JANVIER 2014 POUR PERMETTRE UNE BAISSE DES PRELEVEMENTS SUR LES ENTREPRISES. ETES-VOUS TOUT A FAIT FAVORABLE, PLUTOT FAVORABLE, PLUTOT OPPOSE OU TOUT A FAIT OPPOSE A CETTE MESURE

  •  Sous total « OUI » :   26 %
  •  Sous total « NON » :   74 %

ANALYSE DE NICOLAS BOUDOT, DIRECTEUR CHEZ TILDER

Q1 : Amélioration du système scolaire : une majorité de Français considère que la mesure la plus efficace est une réforme de la formation des enseignants.

Le sondage OpinionWay pour LCI et TILDER de cette semaine montre que, pour les Français interrogés, l’amélioration du système scolaire en France, mis à mal cette semaine par la publication tri annuelle de l’enquête PISA pilotée par l’OCDE, qui voit la position de la France régresser dans le classement depuis 3 ans, passe par une réforme de la formation des enseignants.

Ce sondage montre que l’amélioration du système scolaire français n’est ni une question de moyens supplémentaires, matérialisés par une augmentation du nombre d’enseignants, ni une question strictement sociale qui pourrait être résolue par une augmentation des moyens dans les zones d’éducation prioritaires.

Ainsi, la communication syndicale, unanime dans l’Education nationale, réclamant toujours plus de moyens n’est pas suivie par la majorité des Français, pas plus que la réforme des rythmes scolaires, pourtant une des mesures phares du ministre Vincent Peillon.

En faisant ce choix les Français ont un réflexe de bons sens : si les résultats ne sont pas à la hauteur des moyens mis en œuvre, c’est parce que les professeurs chargés par définition de la transmission des connaissances ne sont pas suffisamment formés.

En communication, cela nourrit quelques riches enseignements :

  • D’abord que l’amélioration de la réussite scolaire en France n’est pas une question de moyens supplémentaires que ce soit pour augmenter le nombre de professeurs, ni pour compenser les disparités sociales.
  • Ensuite, que les Français considèrent que ce sont aux personnes en charge des enseignements qu’il revient de porter la responsabilité de la qualité du système scolaire.

Cela amène une conclusion, plutôt que de se jeter des anathèmes, les différentes composantes politiques du pays, majorité et opposition, devraient plutôt, d’une part, soutenir les professeurs et enseignants de France qui sont en première ligne d’une part et d’autre part communiquer sur les différents programmes et méthodes envisagés visant à améliorer leur formation…

La France régresse dans les classements internationaux, et la réussite scolaire, qui est l’affaire de tous, pourrait être un bon moyen de retrouver un peu de concorde nationale

Q2 : 74% des Français sont opposés à une augmentation de la TVA le 1er janvier 2014

Le Président de la République a annoncé il y a 48 heures « assumer » cette augmentation de TVA pour permettre une baisse des prélèvements pesant sur les entreprises… Force est de constater qu’il n’est pas suivi dans ce choix par une très large majorité de Français.

En communication, cela s’explique par le « ras-le-bol fiscal » qui est une donnée réflexe pour l’opinion publique en ce dernier trimestre de l’année 2013.

Pourtant, en communication, l’exécutif a joué un excellent coup en annonçant une remise à plat du système fiscal. Mieux encore, il y a 24 heures, le Premier ministre, en précisant les pistes de réflexions de cette réforme, a exprimé comme une piste importante le système de prélèvement de l’impôt à la source. Justement, la TVA est un impôt sur la consommation directement prélevé à la source avec une assiette très large et un taux assez modéré. La TVA est donc considérée, en application de ces trois critères, par les fiscalistes comme l’impôt le plus facilement acceptable.

Le résultat du sondage d’aujourd’hui montre que ce n’est pas le système de prélèvement qui compte, mais l’impôt en lui-même. Après l’annonce de la remise à plat du système fiscal, c’est une remise à plat de la communication sur la fiscalité qui est finalement attendue par les Français.

 VIDEO DE L’EMISSION