À propos de La Question de l’Éco :

« La Question de l’éco » est traitée tous les jeudis à 19 h 30, en direct sur LCI, dans « La newsroom» de Romain Hussenot.

Avec l’intervention de Frédéric Latrobe ou Nicolas Boudot, Associés chez Tilder , ce rendez-vous est l’occasion d’un décryptage en matière de communication d’un enjeu économique saillant de la semaine à partir d’un sondage réalisé par un institut auprès d’un panel représentatif de la population française.

Questions du sondage réalisé le 21 et 22 janvier 2015

1 / Pour relancer la croissance en France, pensez-vous qu’un gouvernement d’union nationale, sur les grandes réformes économiques, serait efficace ?

  • Sous total « OUI » : 63 %
  • Sous total « NON » : 35 %
  • NSP : 2 %

2 / Etes-vous très satisfait, assez satisfait, assez mécontent ou très mécontent de la politique économique et sociale du gouvernement de Manuel Valls ?

  • Sous total « Satisfait » : 38 % (+ 10 points depuis juillet 2014)
  • Sous total « Mécontent » : 61 % (- 9 points depuis juillet 2014
  • NSP : 1 %

ANALYSE DE FREDERIC LATROBE, ASSOCIE CHEZ TILDER

1 / Deux tiers des Français jugent qu’un gouvernement d’union nationale serait plus efficace pour conduire les grandes réformes économiques.

C’est le rêve des Français. Un rêve qui n’est pas nouveau et sur lequel s’est construite, par exemple, la stratégie politique et de communication de François Bayrou ou qui a justifié les ouvertures à droite ou à gauche d’un François Mitterrand et d’un Nicolas Sarkozy. Même après la séquence d’union nationale que nous venons de vivre, difficile de croire en ce rêve en matière économique et sociale. D’autant moins d’ailleurs que nous sommes dans une année doublement électorale, avec les élections départementales et régionales et que 2017 est déjà dans toutes les têtes. S’il va falloir du temps pour savoir si la France a changé véritablement, ce résultat montre néanmoins que les Français, eux, souhaitent que ça change. Ils veulent mettre fin aux blocages et que des réformes importantes se fassent par le consensus. C’est le message qu’ils envoient et c’est la responsabilité des politiques de l’entendre. Cela leur pose une équation de communication difficile à résoudre : comment recréer des clivages pour remobiliser leur électorat sans pour autant négliger le discours d’union nationale pendant encore quelque temps ? En communication, c’est une phase aussi complexe que la crise elle-même et qui s’appelle la sortie de crise. Manuel Valls a dégainé le premier avec son expression sur « l’apartheid territorial » et, hier soir, Nicolas Sarkozy lui a répondu en se disant « consterné » par cette expression. Ils ont sonné le retour de la politique et de la communication partisane.

2 / La satisfaction à l’égard de la politique économique et sociale du gouvernement de Manuel Valls fait un bond de 10 points en 6 mois mais reste encore à un faible niveau avec  61% de mécontents.

Ce résultat est le signe d’un sursaut de confiance. Plus exactement, il démontre que les Français ont « envie » d’être satisfaits et d’avoir confiance. Le gouvernement partait de loin mais un bond de 10 points est un phénomène d’autant plus remarquable qu’il n’a pas été question, ou presque, de sujets économiques et sociaux depuis des jours étant données les circonstances. A peine la discussion sur la Loi Macron a-t-elle eu le droit de cité. C’est d’ailleurs un des enseignements de ce sondage : quand le récit quotidien des difficultés économiques fait une pause médiatique, l’opinion semble réagir positivement. C’est la théorie de ceux qui plaident pour le retour de l’optimisme et la valorisation des bonnes nouvelles. L’autre enseignement, c’est l’effet de l’action et des résultats. C’est là-dessus que François Hollande va devoir essayer de capitaliser. Lors de la phase des attentats, il a conquis les attributs de la décision, du courage, de la présence et du leadership. Jusqu’à présent, aux yeux des Français, ces qualités lui faisaient défaut. Maintenant, c’est au Président de faire fructifier ces atouts pour en faire des leviers de conviction en matière économique et sociale.

 

Visionner l’intervention de Frédéric Latrobe