À un rythme hebdomadaire, « La question de l’éco » est présentée dans « Le quotidien de l’économie » d’Emmanuel Kessler, diffusé sur LCI à 20h10 et 21h10. Avec l’intervention de Frédéric Latrobe, ce rendez-vous est l’occasion d’un décryptage en matière de communication d’un enjeu économique saillant de la semaine à partir d’un sondage réalisé par un institut auprès d’un panel représentatif de la population française.

Les questions et les réponses du jeudi 2 mai 2013

Q1. Pensez-vous que les annonces faites par le Président de la République lors des Assises de l’Entrepreneuriat vont permettre de rétablir la confiance entre le gouvernement et les entreprises?

Sous-total OUI :  32%

  • Sous-total NON: 67%
  • NSP : 1 %

Q2. Diriez-vous que la rigueur budgétaire, défendue par l’Allemagne en Europe, est plutôt une bonne chose ou une mauvaise chose pour l’économie européenne ? 

  •  Plutôt une bonne chose : 58%
  • Plutôt une mauvaise chose : 42%

 Analyse de Frédéric Latrobe, associé chez Tilder

 

58% des Français considèrent que la rigueur budgétaire, défendue par l’Allemagne en Europe, est plutôt une bonne chose pour l’économie européenne…

La séquence de tension entre la France et l’Allemagne de ces derniers jours pose un vrai dilemme de communication pour François Hollande. Poussé par son aile gauche, y compris au sein de son gouvernement, à desserrer l’étau de la rigueur voulue par l’Allemagne, le Président de la République doit en même temps conforter la crédibilité budgétaire de la France au regard de ses partenaires et de ses prêteurs. Par ailleurs, cette tension comporte le risque de malmener l’image européenne du Président de la République : François Hollande est perçu comme l’héritier de Jacques Delors et c’est un capital image qu’il serait dangereux de fragiliser sur la scène européenne. Enfin, ces résultats montrent que la stratégie conduite par les opposants à la ligne d’Angela Merkel ne trouve pas d’écho dans l’opinion : les Français se sont faits à l’idée de la « gestion rigoureuse » défendue par l’exécutif. C’est un élément important pour décider de la communication économique de ces prochaines semaines.

2 Français sur 3 pensent que les annonces faites par le Président de la République lors des Assises de l’Entrepreneuriat ne vont pas permettre de rétablir la confiance entre le gouvernement et les entreprises…

François Hollande vient d’entamer une nouvelle séquence de communication vis-à-vis des entreprises et il semble normal que l’effet ne s’en ressente pas tout de suite. Outre les annonces largement préparées par Fleur Pellerin à l’occasion d’une prise de parole présidentielle plutôt réussie, le gouvernement a donné d’autres signes aux chefs d’entreprises qui visent à assainir le climat. On peut penser notamment au rejet de la proposition de loi sur l’amnistie pour les délits commis dans le cadre des conflits sociaux. Par ailleurs, des rumeurs savamment distillées annoncent l’entrée au gouvernement lors d’un prochain remaniement de Louis Gallois qui fut l’acteur principal d’une bonne séquence dans la relation avec les entreprises au moment du pacte de compétitivité. Pour une fois, et grâce à une communication qui doit continuer à être offensive sur ce thème, François Hollande a tout intérêt, en bon héritier de François Mitterrand, à laisser du temps au temps pour que sa stratégie de communication à l’égard du secteur économique se diffuse dans l’opinion. Pour l’instant, la bande annonce corrigée est bonne même si les Français attendent visiblement de voir le film.

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