Matthias Leridon, invité d’Olivier de Lagarde dans « Les débats de France Info » décrypte, en compagnie de Bruno Jeanbart, Directeur général adjoint d’OpinionWay, la prestation télévisée de François Hollande dans le journal de 20h de TF1.

Sur la forme
François Hollande est allé à TF1. Les journalistes de TF1 et de France 2 ne sont pas allés à l’Elysée, c’est le Président normal qui tranche avec son prédecesseur. L’exercice est bien réussi dans son ensemble, de même que le format court. Cependant, le fait d’aller sur un plateau le met en position d’accusé.
De plus, c’était plus une déclaration présidentielle qu’une interview par Claire Chazal. L’exercice n’aurait pas dû, selon Matthias Leridon, se faire sur un plateau de télévision.

François Hollande a répété souvent certains mots comme « cap », mais il est resté un peu indécis sur certaines mesures, d’où un décalage entre les propos et l’action. C’est la première fois qu’il a utilisé les mots d’un président, il a établit sa temporalité. Il essaie d’imposer son tempo.

Sur le fond
Pour Matthias Leridon, le vrai absent du discours était la crise . François Hollande n’a pas parlé de la pression extérieure sur la politique française.
Le Président a annoncé de mauvaises nouvelles sur le plateau. Il faut voir quels sont les conséquences. Il ne faut pas donner le sentiment aux Français qu’il découvre la crise. Nicolas Sarkozy était présent de manière sous-jacente dans l’intervention de François Hollande comme souvent dans ses interventions. L’annonce de Bernard Arnault venait à point pour étayer le discours de la mobilisation patriotique.