Jeudi 19 mars 2015

Sondage :

1/ Lequel de ces domaines vous semble prioritaire pour votre département à l’issue des élections départementales ?

  • Les aides sociales et les actions sociales* : 30%
  • L’aménagement du territoire (infrastructures, environnement) : 27%
  • Le soutien économique à certaines filières (notamment agricoles) : 13%
  • L’entretien des routes : 12%
  • La culture (bibliothèques départementales, archives départementales…) : 3%
  • La rénovation des collèges : 3%
  • Les transports scolaires : 3%
  • Un autre domaine : 6%
  • NSP : 3%

* L’item complet était : « Les aides sociales (RSA, APA (Allocation Personnalisée d’autonomie)) et les actions sociales (soutien aux familles en difficulté, protection maternelle et infantile, services d’adoption, hébergement et insertion sociale des personnes handicapées, création et gestion des maisons de retraite…)

2/ Etes-vous favorable ou opposé à la mise en place du tiers payant généralisé à tous les patients, sans prise en compte des ressources de chacun ?

  • Sous total « favorable » : 58% (-9 points par rapport à décembre 2014)
  • Sous total « opposé » : 41% (+9 points par rapport à décembre 2014)
  • NSP : 1%

Analyse de Nicolas Boudot :

1/ Les aides sociales (30%) et l’aménagement du territoire (27%) sont considérés comme prioritaires par les Français

Parmi les 8 réponses possibles, les Français interrogés ont placé en tête les aides sociales et actions sociales des départements et l’aménagement du territoire comme domaines d’interventions prioritaires des nouveaux exécutifs départementaux qui sortiront des urnes les 22 et 29 mars prochains.

En effet, ce sondage réalisé juste avant les élections permet de dresser un « état de l’opinion » assez complet des préoccupations des Français et de leurs attentes en matière électorale. Les préoccupations des Français sont d’abord sociales et ensuite d’être « locales », puisqu’elles concernent l’aménagement du territoire.

Pour autant, ces compétences départementales sont les grandes oubliées des discours des principaux partis politiques. En décidant de faire de ces élections départementales un rendez vous de politique nationale, les partis politiques se sont probablement trompés collectivement de communication. Le sondage montre une volonté de réponses précises à des situations locales. Les réponses politiciennes apportées à ces questions ne sont pas de nature à rassurer les Français. Le taux d’abstention, supposé être élevé, est une première indication de cette situation. En ce qui concerne les résultats électoraux à venir, les candidats ne pourront plus dire qu’ils ne savaient pas. 

2/ 58% des Français se disent favorables à la mise en place du tiers payant généralisé à tous les patients.

Si le projet de Marisol TOURAINE reste plébiscité par une majorité de Français, on constate une diminution significative du nombre de soutiens à cette réforme (baisse de 9 points par rapport à décembre dernier).

Cette évolution traduit deux phénomènes en termes de communication :

  • L’efficacité de la communication des professions médicales qui ont su manifestement dispenser une pédagogie efficace auprès de leurs patients quant aux conséquences néfastes pour eux d’une telle réforme.
  • La puissance de la popularité des professionnels de santé, comme les médecins,  les infirmiers ou encore les kinésithérapeutes, auprès des Français avec lesquels ils sont quotidiennement en contact direct. Ce sont des leaders/faiseurs d’opinion.

Face à une mesure que l’on pourrait imaginer populaire par nature, puisqu’il s’agit d’introduire un dispositif assurant la gratuité pour tous des consultations médicales, le corps médical a gagné 9 points en quelques semaines.

Au final, ce sondage traduit un paradoxe : les Français demeurent majoritairement favorables au tiers payant généralisé, tout en soutenant dans leur majorité les professionnels de santé qui se sont mobilisés contre le projet de loi de santé en manifestant dimanche dernier. Au-delà de la gratuité, les Français semblent au final très attachés à la qualité des soins et à un système de santé exigeant et libéral, à tel point qu’une partie croissante d’entre eux paraissent de moins en moins sensibles à l’argument séduisant du prix. A la veille des élections départementales, les professionnels de santé semblent avoir gagné du terrain auprès des « patients-électeurs »  dans la « guerre de popularité » avec le gouvernement. Cette situation a entrainé une conséquence : le Premier ministre a aujourd’hui repris la main in extremis sur la communication menée par sa ministre de la santé au moment même où le texte est examiné à l’Assemblée Nationale…

Ce sondage nous permet d’affirmer qu’en communication il y a ici des gagnants : les professions médicales et une victime collatérale du timing choisi pour l’examen de ce texte qui vient percuter le calendrier électoral : la ministre de la Santé.

Vidéo de l’intervention de Nicolas Boudot : VIDEO