Sondage du jeudi 12 novembre 2015

Q1 : Etes-vous favorable à ce que la part de mérite soit davantage prise en compte dans la rémunération des fonctionnaires ?

  • Sous total « oui » : 66 %
  • Sous total « non » : 33 %
  • NSP : 1 %

Q2 : D’après vous, le dopage dans le sport trouve principalement son origine dans… ?

  • La pression économique : 44 %
  • La volonté personnelle de certains sportifs : 28 %
  • La volonté politique ou géopolitique : 27 %
  • NSP : 1 %

ANALYSE DES RESULTATS PAR NICOLAS BOUDOT, ASSOCIE CHEZ TILDER

Q1 : 2/3 des Français interrogés sont favorables à ce que la part du mérite soit davantage prise en compte dans la rémunération des fonctionnaires.

Cette semaine, le ministre de l’Economie a multiplié les prises de paroles médiatiques, passant d’une conférence de presse sur la future Loi NOE « Nouvelles Opportunités Économiques », aux plateaux d’Europe 1, des commémorations du 11 novembre en passant par le portrait que lui consacre aujourd’hui le journal le Monde… Il est suivi toute la semaine par une équipe de Canal + qui prépare un sujet qui sera diffusé dimanche prochain. Le ministre de l’Economie est partout !

Derrière le lancement officiel des travaux de sa future loi, Emmanuel Macron a également joué une double carte de communication politique :

  • il s’est assuré d’occuper l’espace médiatique en brisant un tabou de la gauche ;
  • il a personnellement pris date pour l’avenir

En se prononçant mardi matin dans le studio de la radio Europe 1 pour une augmentation de la part de la prise en compte du mérite dans la rémunération des fonctionnaires, le ministre de l’Economie a brisé un tabou de la gauche. C’est une excellente méthode de communication, bien qu’un peu usée, que de proposer une communication de rupture avec son propre camp. Cette pratique a souvent été payante ces dernières années, Manuel Valls et surtout Nicolas Sarkozy ayant chacun excellé dans ce registre.

En agissant ainsi, le ministre de l’Economie a envoyé deux signaux à l’opinion publique :

  • Le premier, de court terme, entérine une défaite de la majorité aux élections régionales. En effet, les fonctionnaires étant, toutes les études et sondages le montrent, plutôt des électeurs historiques du Parti Socialiste, une critique aussi directe à quelques jours d’un scrutin montre que la gauche a plutôt fait une croix sur cette élection.
  • Le second est un message de long terme. Le ministre de l’Economie prend clairement position pour l’avenir dans la séquence politique qui est la sienne ces derniers jours : la saturation de l’espace médiatique lui permet d’asséner ses idées, de présenter son projet de loi dont la discussion est prévue pour début 2016… et donc de montrer qu’il faudra compter avec lui pour l’avenir. L’année 2016 sera une année utile assez courte pour le gouvernement, puisque que dès le second semestre arrivé et le lancement des primaires à droite, la campagne des Présidentielles de 2017 sera officiellement lancée. En tout état de cause, elle occupera tous les esprits. Emmanuel Macron occupe le terrain médiatique aujourd’hui, prend date pour début 2016 avec son projet de loi et indique implicitement à l’opinion publique qu’il faudrait également compter avec lui en 2017 et surtout en 2022.

Et sans attendre ces périodes lointaines, l’opinion publique le suit dans ce registre puisque 66% des Français interrogés sont favorables à l’instauration d’une part plus importante de rémunération au mérite pour les agents de la fonction publique.

Pour conclure et peut être modérer l’aspect transgressif de la communication d’Emmanuel Macron, en 1946, Maurice Thorez, Premier secrétaire du Parti Communiste Français et alors ministre de la Fonction publique plaidait déjà pour la mise en œuvre d’une rémunération au mérite des fonctionnaires… A l’époque les transgresseurs de la communication politique étaient ailleurs.

Q2 : Pour une majorité de Français, le dopage dans le sport trouve son origine dans la « pression économique »

Les affaires de dopage minent l’actualité du sport depuis plusieurs années et les scandales se multiplient. Cyclisme, football, haltérophilie… aucun sport n’est épargné. C’est l’athlétisme qui actuellement porte le plus lourd tribut aux soupçons de dopage. Cette semaine la question du dopage dans le sport a été encore plus loin dans la criminalité puisque des soupçons de corruption, au plus haut niveau de la hiérarchie de l’athlétisme mondial, ont été révélés : l’ancien président de la fédération internationale d’athlétisme (IAAF) est soupçonné d’avoir couvert des faits de dopage visant des athlètes russes contre de l’argent.

Les résultats du sondage de cette semaine montrent que les Français interrogés expliquent le dopage dans le sport par la pression économique (44%), plutôt que la volonté personnelle de certains sportifs qui chercheraient à gagner par tous moyens (28%) ou la volonté politique ou géopolitique (27%). Il n’en demeure pas moins que les résultats sont assez équilibrés et montrent en communication le retour d’une communication étatique et géopolitique du sport qui avait cours il y a 30 ans.

En effet, même si le temps des sportifs est-allemands, dont les résultats servaient de vitrine publicitaire pour vanter les mérites de ce régime totalitaire est révolu, il n’en demeure pas moins que le temps de la communication étatique et politique sur la qualité des résultats sportifs est de retour. Elle s’était déplacée dans le courant des années 90 du terrain géopolitique sur le terrain économique après la chute du mur de Berlin. A cette époque, la pression des sponsors avait remplacé la pression étatique, poussant certains sportifs de gré ou de force à avoir recours au dopage.

Le scandale révélé cette semaine a entrainé un retour du balancier du terrain économique vers le terrain géopolitique. C’est Vladimir Poutine lui même qui est monté au créneau pour défendre les athlètes russes et la fédération de Russie en sollicitant une enquête au sein de sa propre fédération, en demandant à ce que les athlètes coupables soient punis et en accusant d’autres nations phares de l’athlétisme de se livrer également à des pratiques contestables.

Nous saurons demain quel sort sera réservé aux athlètes Russes et s’ils pourront participer aux JO de 2016 à Rio.

 

Visionner l’intervention de Nicolas Boudot pour « la Question de l’Eco » sur LCI
+
Visionner l’émission « COMTOUJOURS »
La nouvelle émission 100% décryptage de l’information après « la Question de l’éco » à laquelle participe un consultant de Tilder en débat avec un autre communicant et un éditorialiste.