Sondage du jeudi 21 mai 2015

1/ Etes-vous favorable ou opposé à la mise en place du prélèvement à la source pour l’impôt sur le revenu, c’est-à-dire à son paiement directement par prélèvement sur votre fiche de paye / pension de retraite ?

  • Sous total « favorable » : 62 %
  • Sous total « opposé » : 37 %
  • NSP : 1 %

2/ Etes-vous favorable ou opposé à la suppression des 35h à l’hôpital et au retour à 39 h ?

  • Sous total « favorable » : 58 %
  • Sous total « opposé » : 40 %
  • NSP : 2 %

ANALYSE DES RESULTATS PAR NICOLAS BOUDOT, ASSOCIE CHEZ TILDER

62% des Français se déclarent favorables à la mise en place du prélèvement à la source pour l’impôt sur le revenu.

En matière de communication gouvernementale, certains sujets de réformes sont récurrents sur le devant de la scène médiatique, sans jamais trouver de traduction dans les faits. Le prélèvement de l’impôt directement sur les fiches de paye (ou sur les pensions de retraites) en fait partie.

Les avantages sont nombreux :

  • Pour les contribuables :
    • Le fait de connaître directement sur sa fiche de paye son revenu disponible réel.
    • Le fait de ne plus avoir besoin d’épargner pour payer l’impôt de l’année N-1.
  • Pour l’Etat :
    • La garantie d’un revenu régulier mensuel sans les risques de pertes induites par les oublis, les retards ou les demandes d’étalement.
    • La limitation de certaines pratiques d’optimisation fiscale.
    • La capacité à rendre l’impôt presque « invisible », donc « indolore » en retirant les actes matériels de déclarations, puis de versements.

Pourquoi alors entendons nous parler d’une telle réforme sans que jamais, elle n’ait eu de traduction dans les faits ? Un tel dispositif est extrêmement complexe à mettre en œuvre…

Au final, les annonces faites hier sur la mise en œuvre d’un tel dispositif ressemblent plutôt à un coup de communication du gouvernement au moment où les Français remplissent leurs déclarations de revenus et quelques heures après la date limite de paiement du 2ème tiers de l’Impôt sur le Revenu.

Ce coup de communication peut s’interpréter de trois façons :

  • Peut-être est-ce la volonté d’éviter un débat, désormais classique, sur le fait que moins de la moitié des contribuables Français en 2015 paient l’impôt sur le revenu ?
  • On peut aussi penser que cela est un message de communication politique de l’exécutif pour les militants du parti socialiste qui s’apprêtent à se réunir en Congrès, puisque l’une des motions présentées propose la mise en place d’un tel dispositif dès 2016 ?
  • On peut aussi imaginer que s’annoncent ici les prémices de l’annonce d’une grande réforme de la fiscalité des personnes physiques absolument indispensable pour mettre en œuvre un prélèvement à la source ?

En tout état de cause, le coup de communication est réussi, puisque l’idée est plébiscitée par les Français.

58% des personnes interrogées se déclarent favorables à la suppression des 35 heures à l’hôpital.

Parmi les « serpents de mer » médiatiques récurrents, la remise en cause de l’application des 35 heures à l’hôpital figure en bonne place.

Cette fois-ci, c’est Martin Hirsch, le directeur général de l’AP-HP (Assistance Publique des Hôpitaux de Paris) qui a allumé la mèche d’un nouveau débat sur le sujet en considérant qu’il fallait revoir le système des RTT mis en œuvre en 2002 dans les 38 hôpitaux parisiens dont il assure la Direction Générale. Ce faisant il a déclenché une grève unitaire dont la première journée de mobilisation a eu lieu aujourd’hui même. Auparavant, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, avait tenu a rappeler qu’une réforme des 35 heures à l’hôpital n’était pas à l’ordre du jour. En communication, tout est d’abord question de timing.

Martin Hirsch, en se risquant, même avec prudence, dans des discussions sur une remise en cause des 35 heures à l’hôpital, au moment où sa ministre de tutelle est en train de faire voter la loi dite de « Santé publique », dont le texte devrait être débattu au Sénat en septembre, n’a sans doute pas choisi le bon tempo de communication. De fait, il apparaît bien seul pour faire aboutir la réforme qu’il a lui-même décidé d’initier. Il peut toutefois compter sur le soutien d’une majorité de Français, puisque 58% des personnes interrogées dans le sondage de cette semaine sont favorables à la suppression des 35 heures à l’hôpital.

Chacun est conscient, Direction Général de l’AP-HP, Gouvernement, syndicats et opinion publique, des difficultés que la mise en œuvre des 35 heures à l’hôpital a entrainées. Les jours de RTT « non pris » s’accumulent sur des comptes épargne-temps qui pèsent sur les finances des hôpitaux concernés.

Toutefois, l’histoire l’a démontré, en France, il ne faut pas toucher à ce qui est considéré comme un acquis social ou alors d’«une main tremblante» et dans le bon tempo de communication.

 

Visionner la vidéo de l’intervention de Nicolas Boudot