Questions du sondage du jeudi 26 février 2015

1 / Etes-vous très satisfait, assez satisfait, assez mécontent ou très mécontent de la politique économique et sociale du gouvernement de Manuel Valls ?

  • Sous total « satisfait » : 32 % (-6 points par rapport à janvier 2015)
  • Sous total « mécontent » : 66% (+5 points par rapport à janvier 2015)
  • NSP : 2%

2 / Pensez-vous que face aux frondeurs, Manuel Valls parviendra à poursuivre sa politique de réformes ?

  • Sous total « oui » : 53%
  • Sous total « non » : 45%
  • NSP : 2%

 

ANALYSE DE NICOLAS BOUDOT, ASSOCIE CHEZ TILDER

1 / 66% des Français se déclarent mécontents de la politique économique et sociale du gouvernement

Pour la première fois depuis la nomination de Manuel Valls à Matignon, le baromètre OpinionWay pour Tilder et LCI montre une baisse importante de la confiance des Français à l’endroit de la politique économique et sociale du gouvernement (- 6 points en un mois).

En communication, on peut retenir deux choses de ce résultat : d’abord que le recours à la notion symbolique « d’esprit du 11 janvier » a une durée de vie limitée, dont la date de péremption est désormais dépassée ; ensuite que les Français attendent un discours pragmatique sur les questions économiques et sociales, suivi de réalisations tangibles et durables.

Ce résultat traduit donc l’essoufflement dans l’opinion publique de la technique de communication utilisée par le couple exécutif depuis les attentats qui ont endeuillé le pays au début de l’année : convoquer « l’esprit du 11 janvier » dans tous les discours. Cette mécanique répétée comme un mantra susceptible de transcender toutes les difficultés, applicables à volonté à tous les sujets et permettant de dépasser tous les conflits dans le même élan d’unité nationale que celui vécu quelques semaines plus tôt dans les rues des grandes villes de France.

En considérant que l’union nationale issue de la manifestation du 11 janvier était le résultat d’une triple alliance durable entre les Français, le gouvernement et la classe politique, le gouvernement a fait une erreur manifeste d’interprétation. Si chacun a pu observer la réalité d’une « unité nationale », celle-ci n’est pas une unité de nature politique et encore moins économique.

Finalement, Le principe de réalité et finalement le pragmatisme de la part des Français interrogés a prévalu sur la symbolique de l’unité nationale du gouvernement.

Les récents débats sur la Loi Macron, qui a été placée par le couple exécutif à l’agenda politique comme le texte  le plus réformateur du quinquennat et qui a pourtant nécessité le recours à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution  pour être adoptée sans vote ; comme le rappel à l’ordre de Bruxelles hier donnant à la France deux ans pour atteindre les objectifs budgétaires fixés par la Commission européenne au lieu des 3 ans demandés sont deux exemples de retour brutaux dans le réel pour le gouvernement… que les Français interrogés ont voulu sanctionné.

Pour autant, si ce sondage est une mauvaise nouvelle globale pour le gouvernement, une majorité de Français interrogés considère que le Premier ministre, Manuel Valls parviendra à poursuivre sa politique de réformes économiques et sociales.

2 / 53% des personnes interrogées pensent que Manuel VALLS parviendra à poursuivre sa politique de réformes économiques et sociales.

Manuel Valls, vainqueur de la bataille politique de la semaine passée ; bataille qui opposait le projet de loi Macron aux « frondeurs ». Les députés issus du PS, en conflit avec la ligne économique « sociale/libérale » du gouvernement et qui ont contraint le gouvernement à avoir recours à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution pour adopter le texte de loi, en première lecture, sans vote, ont manifestement perdu la bataille de communication en refusant de participer à la motion de censure déposée par l’opposition.

En revanche, l’autorité et la volonté de Manuel Valls n’ont pas été remises en cause par les difficultés rencontrées devant les parlementaires de la majorité.

En communication, ce résultat entraine deux remarques : d’abord que la fermeté dont a fait montre le Premier ministre face aux frondeurs a été reçue positivement par l’opinion publique, et ensuite, qu’elle a également renvoyé les frondeurs à leurs contradictions politiques. Les Français, et Manuel Valls l’a bien analysé, ont vraisemblablement besoin de fermeté, d’autorité et d’une ligne politique claire.

Ainsi, dans le futur, ce résultat devrait encourager l’exécutif à porter ce petit avantage sur les réformes économiques et sociales inscrites à l’agenda politique du gouvernement.

Il faut tout de même ajouter un petit bémol à ce constat : si nous nous plaçons cette fois-ci du coté des « frondeurs » le résultat n’a pas la valeur d’un plébiscite pour le Premier ministre (53% contre 45%). S’ils ont perdu la première bataille de communication, les frondeurs savent qu’ils auront plusieurs moments pour tenter d’imposer leurs vues : d’abord sur les textes à venir puisque le gouvernement ne pourra plus avoir recours à l’article 49 alinéa 3 pendant toute la durée de la session parlementaire et ensuite lors du congrès du PS en juin, dont les grandes manœuvres d’influence ont manifestement déjà commencé.

Visionner l’intervention de Nicolas Boudot