Sondage du jeudi 7 mai 2015

1/ Pensez-vous qu’une sortie de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne aurait pour l’économie européenne des conséquences… ?

  • Positives : 12 %
  • Négatives : 37 %
  • Pas de conséquences : 50 %
  • NSP : 1 %

2/ Depuis l’élection de François Hollande, avez-vous le sentiment que votre situation financière s’est… ?

  • Améliorée : 4 %
  • Dégradée : 63 %
  • Est restée la même : 32 %
  • NSP : 1 %

ANALYSE DES RESULTATS PAR NICOLAS BOUDOT, ASSOCIE CHEZ TILDER

1/ 50% des Français interrogés considèrent qu’une sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne n’aurait pas de conséquences pour l’économie

Les résultats des élections législatives qui ont lieu aujourd’hui même en Grande-Bretagne vont être scrutés à la loupe par tous les dirigeants des 27 autres Etats-membres de l’Union européenne. En effet, en cas de victoire, David Cameron, actuel Premier ministre, a promis d’organiser en 2017 un référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne.

C’est à un exercice « d’économie fiction » que nous avons demandé aux personnes interrogées de se livrer cette semaine : Imaginer les conséquences en matière économique d’une éventuelle sortie de l’Union Européenne de la Grande-Bretagne ; un « Brexit » suivant le terme inventé pour l’occasion. 50 % d’entre eux n’y voient pas de conséquences.

Ces résultats induisent quatre réflexions :

D’abord que David Cameron piège la communication future de l’Union européenne par son annonce de référendum. On comprend aisément que, compte tenu de l’issue du scrutin, qui s’avère très serrée, David Cameron ait voulu s’assurer le vote des eurosceptiques en annonçant ce référendum ; il s’assure ainsi un second mandat au 10, Downing Street.

Toutefois, en jouant cette carte de communication, il rend crédible la sortie d’un des Etats membres « poids lourds » de l’Union européenne. Ainsi, en cas de victoire électorale ce soir, il devra bien vite s’expliquer sur sa position et sur les modalités d’organisation de cette consultation électorale promise.

De la même façon, les actuels dirigeants de l’Union européenne se retrouvant piégés devront très vite clarifier une position commune et faire œuvre de pédagogie sur les conséquences de la sortie d’un Etat-membre de l’Union.

En France, la possibilité qu’un Etat-membre historique quitte l’Union européenne donne également un peu de crédit aux partis situés aux extrémités de l’échiquier politique qui font de cette sortie un élément récurrent de leurs programmes. Les résultats de ce sondage montrent que cette éventualité progresse dans les esprits et ne fait plus peur…

Par ailleurs, pour tempérer ce résultat, il convient de rappeler qu’il est en conformité avec la position traditionnelle, ultra pragmatique, de la Grande-Bretagne vis à vis de l’Union européenne. Les Premiers ministres qui se sont succédés depuis la fin des années 60 à la tête de la Grande-Bretagne ont toujours gardé une forme d’indépendance vis à vis de l’Union européenne : Une position intermédiaire, un pied dedans, un pied dehors ; un oeil sur Bruxelles, l’autre sur Washington… de nature à ne troubler ni les eurosceptiques, ni les américains tout en ménageant les Etats membres de l’Union européenne.

2/ Près des deux tiers des Français ont le sentiment que leur situation financière s’est dégradée depuis l’élection de François Hollande à la Présidence de la République…

Une règle en politique veut que la communication précède l’action. Pour François Hollande, la difficulté est que la communication ne peut précéder les résultats. Alors que de nombreux feux sont au vert, depuis le satisfecit de Bruxelles sur les déficits jusqu’à la confiance des ménages qui s’est encore améliorée en avril, les Français jugent très largement que leur situation personnelle s’est dégradée depuis trois ans. L’anniversaire de l’élection de François Hollande est donc plombé par le manque de résultats visibles sur le recul du chômage et sur le pouvoir d’achat. Dans ce contexte, il n’est pas sûr que l’amélioration qui pourrait se confirmer soit mise à son crédit tant l’opinion semble considérer que les marqueurs de ces trois premières années sont la montée du chômage et la pression fiscale. Si l’Etat ne peut pas tout, comme le disait Lionel Jospin, la communication non plus. La confiance, qui se gagne en gouttes, se perd malheureusement en litres et il n’est donc pas sûr que l’exécutif puisse profiter politiquement de l’éclaircie qui se profile.

 

Visionner l’intervention de Nicolas boudot