Questions et analyse du sondage du jeudi 15 décembre 2016

Q1 : Cette année, pensez-vous dépenser plus que l’an passé pour Noël ?

  • Sous total « oui » : 22 %
  • Sous total « non » : 78 %

Q2 : Diriez-vous que votre pouvoir d’achat en 2016 a plutôt augmenté, plutôt diminué ou est resté stable ?

  • A plutôt augmenté : 9 %
  • A plutôt diminué : 55 %
  • Est resté stable : 35 %
  • NSP : 1 %

 

ANALYSE DES RESULTATS PAR NICOLAS BOUDOT, ASSOCIE CHEZ TILDER

Q1 : 78% des Français interrogés pensent ne pas dépenser plus que l’an passé pour Noël

À dix jours de la découverte des cadeaux sous les sapins, il apparaissait intéressant de savoir si les Français envisageaient de dépenser plus pour les fêtes cette année que l’année précédente. Au-delà de la nature économique de la question sur la capacité des Français à consommer plus, c’est-à-dire à injecter plus de trésorerie dans la machine économique pour, au final, participer à la croissance globale du pays, notre question est également un prétexte pour mesurer le moral des Français et leur confiance dans l’avenir à l’approche des fêtes.

Au regard des résultats, il faut prévenir les enfants qu’ils n’auront pas plus de cadeaux cette année que l’année passée. En effet, 78% des Français interrogés pensent ne pas dépenser plus pour Noël cette année par rapport à l’année précédente.

D’un point de vue économique, ce sondage vient confirmer la perception des fédérations professionnelles des commerçants qui percevaient une stagnation, voire une baisse de la consommation des ménages pour les fêtes. Pourtant ce résultat, analysé de manière brute peut apparaitre surprenant, tant la fin de l’année 2015 avait été marquée par les attentats à Paris qui avaient porté atteinte à la consommation des ménages Français, mais aussi à l’attractivité touristique de la France en général.

En considérant qu’ils ne dépenseraient pas plus que l’année passée, les Français réaffirment l’inquiétude qui est la leur, mesurée sondage après sondage, mois après mois et l’absence de confiance dans l’avenir.

En communication ce résultat appelle deux commentaires :

  • Le premier porte sur la confiance en matière économique. Celle-ci ne se décrète pas. Elle est au contraire un travail de longue haleine fait de preuves économiques tangibles et partagées, de mesures visibles par tous et d’annonces économiques dont les résultats sont effectivement perçus dans la réalité de la vie quotidienne. Ce sont ces éléments qui donnent la capacité de conviction aux dirigeants politiques.
  • Le second commentaire qui découle du premier est donc de nature politique : le devoir prioritaire qui pèse sur les épaules des candidats à l’élection présidentielle est celui-là : rassurer les Français sur leur capacité à retrouver un avenir commun et confiance dans l’avenir du pays.

La confiance est la clef de tout en matière économique, elle est le turbo de la croissance. Quand la confiance est présente et partagée, la croissance n’est jamais loin et derrière la croissance la baisse du chômage et les réussites industrielles et commerciales. Quand la confiance n’est pas là, rien ne va.

Q2 : 55% des Français interrogés considèrent que leur pouvoir d’achat a diminué en 2016

Voici un résultat qui illustre la problématique soulevée par la question précédente. Nonobstant les annonces du gouvernement pour améliorer le pouvoir d’achat, les Français interrogés considèrent majoritairement que leur pouvoir d’achat a reculé en 2016 (35% considèrent qu’il est resté stable, 9% qu’il a augmenté).

Si l’on scrute de manière plus précise les résultats, on voit que les 18/24 ans représentent la catégorie dont les résultats sont les plus équilibrés (23% d’entre eux considèrent que leur pouvoir d’achat a augmenté, 40% considèrent qu’il a diminué). Il faut ajouter que les résultats liés aux catégories socio professionnelles des personnes interrogées ne présentent pas de différences significatives entre eux. Ainsi, que l’on soit situé dans les catégories socio-professionnelles les plus élevées ou issu de la classe moyenne, le constat est le même : les Français ont le sentiment d’avoir un pouvoir d’achat qui stagne voire décroît. Ces résultats démontrent donc que le discours du gouvernement, quant aux réductions fiscales visant les premières tranches de l’impôt sur le revenu, n’a pas réussi à convaincre les ménages concernés au premier chef par ces mesures.

Globalement, ce résultat est la preuve supplémentaire qu’en matière de communication politique, il convient d’apporter de manière récurrente des preuves aux affirmations contenues dans les discours. C’est un des éléments de base de la communication politique trop souvent oublié et qui explique, en partie, la défiance grandissante entre les hommes et les femmes politiques et l’opinion publique. Au surplus, ces résultats  montrent que le « ras le bol fiscal », ressenti dès les premiers mois du quinquennat, sera pour l’histoire, un marqueur indélébile de la politique de François Hollande

Visionner l’intervention de Nicolas Boudot pour « la Question de l’Eco » sur LCI
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L’ émission 100% décryptage de l’information après « la Question de l’éco » à laquelle participe un consultant de Tilder en débat avec un autre communicant et un éditorialiste.

 

A propos de La Question de l’Éco :

À un rythme hebdomadaire, « La Question de l’Éco » est traitée tous les jeudis, en direct sur LCI à 20h45, dans l’émission de Julien Arnaud « Le Grand Soir », qui démarre à 20h10. « Le Grand Soir », c’est deux heures d’informations politiques et économiques. Avec l’intervention de Frédéric Latrobe, Nicolas Boudot ou Guillaume Jubin, Associés chez Tilder, ce rendez-vous est l’occasion d’un décryptage en matière de communication d’un enjeu économique saillant à partir d’un sondage réalisé par un institut auprès d’un panel représentatif de la population française.