Jeudi 2 avril 2015

Sondage :

1/ Selon vous, rendre plus flexible le contrat de travail faciliterait-il la création d’emplois ?

  • Sous total « OUI » : 56%
  • Sous total « NON » : 43%
  • NSP : 1%

2/ Pensez-vous qu’une loi visant à favoriser l’investissement des entreprises est prioritaire dans le contexte économique actuel ?

  • Sous total « OUI » : 71%
  • Sous total « NON » : 28 %
  • NSP : 1%

Analyse de Nicolas Boudot :

1/ 56% des Français interrogés favorables à un contrat de travail plus flexible

Les résultats du sondage cette semaine montrent que les Français interrogés continuent de soutenir à une assez large majorité la politique économique d’inspiration sociale-libérale voulue par le président de la République, mise en œuvre depuis un an par le Premier ministre et incarnée par le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron.

Cette politique est formalisée dans notre sondage par une question portant sur la volonté exprimée par l’exécutif de mettre en œuvre un contrat de travail unique plus flexible d’une part, et sur la nécessité d’une loi visant à favoriser l’investissement des entreprises.

L’idée de mettre en œuvre un « nouveau » contrat de travail, mesure également plébiscitée par le MEDEF, est soutenue par les Français à 56%. Il s’agit là d’un résultat surprenant tant les besoins de protection et la sanctuarisation du CDI dans le débat économique et social de l’hexagone est un marqueur important de notre économie.

En tout état de cause, les résultats montrent que les Français interrogés sont prêts à tester des dispositifs inédits et à potentiellement renoncer à des dispositions protectrices dans le but de favoriser la création d’emplois en France. Finalement, en matière de lutte contre le chômage, les Français sont, au moins en affichage, moins conservateurs que l’on pourrait le croire.

2/ 71% des Français interrogés considèrent prioritaire une nouvelle loi favorisant l’investissement des entreprises

L’idée d’une nouvelle loi visant à favoriser l’investissement des entreprises, annoncée par Emmanuel Macron à l’occasion d’un déplacement à Beaune lundi dernier, avant d’être démentie par le porte parole du gouvernement à la sortie du Conseil des ministres de mercredi, est plébiscitée par 71% des Français interrogés.

Dans la continuité des résultats de la question précédente, ce sondage montre la volonté des Français de voir poursuivies les mesures et réformes prévues par l’exécutif.

Pourtant, ces résultats qui, de prime abord devraient satisfaire le Premier ministre qui depuis un an affiche sa volonté réformatrice, le place au contraire dans un corner de communication. En effet, celui -ci se retrouve devant un double défi aux enjeux contradictoires : il doit continuer d’assumer la mise en œuvre d’une politique sociale libérale soutenue par les Français, tout en séduisant l’aile gauche du PS pour éviter l’éclatement de la gauche avant le Congrès de son parti début juin…

Manuel Valls est la cible de l’aile gauche de sa majorité depuis la lourde défaite électorale subie à l’occasion des élections départementales. Dans la perspective du congrès du PS en juin prochain qui sera la première rampe de lancement à gauche des élections présidentielles de 2017, le Premier ministre doit réussir à unir de sa majorité politique (écologistes compris) pour éviter de voir grandir une trop grande concurrence au sein de son propre camp. Cette concurrence pourrait offrir une alternative de nomination d’un nouveau premier ministre au président de la République, elle pourrait aussi susciter des vocations de candidatures dissidentes au moment des élections présidentielles.

Dans le même temps, Manuel Valls doit continuer à mener des réformes économiques tant Des résultats économiques positifs sont indispensables à la reconquête des électeurs et de l’opinion publique.

Ces deux impératifs de communication sont trop contradictoires pour être menés simultanément.

Le démenti apporté par le porte-parole du gouvernement à l’annonce d’une nouvelle loi par Emmanuel Macron est, à ce titre, une preuve que le choix n’est pas encore fait entre les deux options politiques et de communication qui s’offrent à lui.

 

Visionner l’intervention de Nicolas Boudot