À un rythme hebdomadaire, « La Question de l’éco » est présentée dans « Le quotidien de l’économie » d’Emmanuel Kessler, diffusé sur LCI à 20h10 et 21h10. Avec l’intervention de Frédéric Latrobe, ce rendez-vous est l’occasion d’un décryptage en matière de communication d’un enjeu économique saillant de la semaine à partir d’un sondage réalisé par un institut auprès d’un panel représentatif de la population française.

Sondage du 15 mai : TILDER/LCI/OPINIONWAY pour « La Question de l’Eco » en amont de l’intervention du Président de la République le 16 mai :

Q.1 : Lors de sa conférence de presse, souhaitez-vous que le Président de la République annonce de nouvelles mesures pour favoriser l’emploi ?

  • Oui, c’est indispensable pour inverser la courbe du chômage d’ici la fin de l’année : 83%
  • Non, la plupart des mesures nécessaires sont déjà là, il faut maintenant qu’elles produisent leurs effets : 16%
  • Nsp : 1%

Q.2 : Et lors de sa conférence de presse , souhaitez-vous que le Président de la République annonce de nouvelles mesures pour favoriser la compétitivité des entreprises ?

  • Oui, car ce doit être la priorité actuellement : 77%
  • Non, il y a d’autres priorités actuellement : 23%

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ANALYSE DE FREDERIC LATROBE, ASSOCIÉ CHEZ TILDER

Plus de 8 Français sur 10 souhaitent que le Président de la République annonce lors de sa conférence de presse demain de nouvelles mesures pour favoriser l’emploi, indispensables selon eux pour inverser la courbe du chômage d’ici la fin de l’année…

 Les Français visiblement veulent que ça bouge. Ils ne sont que 16% en effet à considérer que les mesures nécessaires pour atteindre cet objectif sont déjà là et qu’il ne reste plus qu’à attendre qu’elles produisent leurs effets. Concrètement, cela veut dire que la communication sur « la boîte à outils » présidentielle n’a pour l’instant pas convaincu : ni les entreprises qui peinent à utiliser les nouveaux dispositifs mis à leur disposition, ni l’opinion qui semble avoir consommé son crédit de patience face au manque de résultats de la politique mise en œuvre depuis un an. L’équation de communication se complique donc pour l’exécutif qui doit gérer en plus les voix discordantes de sa majorité auxquelles ce sondage semble donner raison. Dernière en date à avoir regretté un rythme de réforme trop lent et à avoir appelé à une vraie bataille pour l’emploi : Ségolène Royal, à nouveau bien en phase avec l’opinion. Mais c’est surtout le tempo de la communication gouvernementale qui va devenir un enjeu crucial : le Président de la République s’est créé une contrainte à la fin de l’année en promettant l’inversion de la courbe du chômage et en même temps, Bruxelles vient d’accorder à la France une bouffée d’oxygène de deux ans sur la question des déficits. Confronté à l’impatience de l’opinion, le gouvernement doit donc jouer sur deux échelles de temps pour la mise en œuvre de sa politique, tout en sachant que l’efficacité est devenue plus que jamais une affaire de court terme.

Et 77% d’entre eux souhaitent aussi que François Hollande annonce de nouvelles mesures pour favoriser la compétitivité des entreprises…

C’est le deuxième axe de l’impatience actuelle de l’opinion en matière économique. La compétitivité s’est imposée comme l’axe de travail stratégique de l’équipe Ayrault. C’est l’enjeu autour duquel s’organisent aujourd’hui les débats et le marqueur qui risque de décider de l’option politique retenue par François Hollande pour les prochains mois. Le souhait exprimé par les Français tombe bien pour le Président de la République car de ce point de vue, sa communication apparaît en adéquation avec ces attentes : après le premier pas du pacte de compétitivité, porté à l’époque par Louis Gallois que des rumeurs annoncent d’ailleurs au gouvernement, les Français attendent le deuxième temps, ou en tout cas la poursuite de la séquence de rapprochement avec les entreprises initiée notamment par les annonces faites fin avril lors des Assises de l’Entrepreneuriat. Une difficulté subsiste néanmoins : le conflit des Ministres de Bercy est traversé par ce débat politique sur la compétitivité. Le « patron » du Ministère de l’économie devra-t-il être celui de la compétitivité avant tout, et dans ce cas-là, quel est le meilleur profil ? Enfin, c’est aussi le logiciel de communication économique des socialistes français qui devra certainement être réactualisé.