Raymond Redding, ancien responsable du courrier de La Poste et associé du cabinet Tilder, a permis la signature d’un accord entre la direction de Presstalis et le syndicat SGLCE CGT. Nommé médiateur en février par le gouvernement pour sa connaissance du secteur et ses qualités reconnues en matière de dialogue social, il a terminé sa mission en créant des conditions propices à la signature d’un accord sur le volet industriel de la réorganisation de la messagerie de presse, après des mois de blocages et plus d’un mois de grève.
Pour Aurélie Filipetti, Ministre de la Culture et de la Communication, « c’est la fin de la médiation de Raymond Redding, qui a été un succès. La mise en place du projet industriel de Presstalis décidé à l’automne peut commencer. Nous avons évité à la presse écrite un heurt social très violent qui aurait pu se traduite par des difficultés très graves pour les journaux dont certains auraient pu disparaitre ».
Au sein de Presstalis, qui avait annoncé un plan de restructuration en 2012, les difficultés à nouer le dialogue avaient bloqué la situation pendant plusieurs mois. La conciliation des impératifs industriels et financiers et du dialogue social se sont avérées une réussite. Le travail de médiation de Raymond Redding a su créer un climat de confiance en cherchant des solutions satisfaisant les différents acteurs du conflit.

Aller plus loin :

Sur le site du Ministère de la Culture et de la Communication : Communiqué d’Aurélie Filipetti suite à la remise du rapport de médiation (17 avril)

Sur notre site : Nomination par le gouvernement de Raymond Redding comme médiateur dans le conflit Presstalis (8 février)

Dans la presse :

Sur Les Echos : Prestalis trouve un accord sur son plan social (16 avril)


Jeudi 18 Avril 2013
Economie – Entreprises
Médias
Accord entre Presstalis et le Syndicat du livre SGLCE

La direction des messageries Presstalis vient de trouver un accord avec le syndicat SGLCE-CGT sur les centres d’exploitation de la région parisienne, grâce au médiateur Raymond Redding. Cet accord, entériné vendredi 12 avril, devrait permettre le départ de 500 salariés en 2013, sur un total de 2 150, soit une centaine de moins que prévu initialement. Selon la ministre de la culture, Aurélie Filippetti, citée par Les Echos le 17 avril,  » il n’y aura aucun départ contraint « . Les personnes âgées de plus de 55 ans bénéficieront de mesures d’accompagnement et certains salariés se verront proposer des emplois à La Poste ou à la SNCF. Au total, la direction souhaite le départ de 1 000 salariés. 

Jeudi 18 Avril 2013
Médias
La fin de crise s’esquisse à Presstalis

presse . Suppressions de postes, fermetures de centres… La CGT du livre et la direction de la messagerie ont trouvé un accord sous la houlette du médiateur.
Après des mois en apnée, la presse va peut-être pouvoir reprendre son souffle. En tout cas, se tranquilliser sur sa distribution. La direction de Presstalis, principale messagerie de presse en France chargée d’acheminer les journaux de l’imprimerie jusqu’aux points de vente, et le Syndicat général du livre et de la communication écrite CGT (SGLCE-CGT) semblent enfin s’être mis d’accord. Les divisions sur le plan de restructuration de Presstalis avaient conduit à une trentaine de journées de grève en 2012, privant à répétition les kiosques de journaux.
Ces tensions «menaçaient l’équilibre de l’ensemble de la filière», écrit carrément le ministère de la Culture dans un communiqué publié hier, annonçant la remise du rapport du médiateur Raymond Redding. Cet ancien responsable du courrier à la Poste avait été nommé en février pour tenter de mettre fin au conflit.
L’horizon avait déjà commencé à s’éclaircir fin mars, avec la signature d’un accord sur les dépôts de presse en province. Objets de toutes les crispations, l’organisation du travail en région parisienne et le sort des centres franciliens ont été tranchés ces jours-ci. Après des mois de blocage, la CGT du Livre a accepté la fermeture de deux centres (Gonesse et Moissy) sur trois, faisant de Bobigny le principal centre de Presstalis dans la région. En échange, la direction a accepté que les titres importés de l’étranger soient traités dans un dépôt de Presstalis à Champigny-sur-Marne, alors qu’elle souhaitait initialement externaliser cette activité.
Reconversions. Restait une dernière pierre d’achoppement : les suppressions de postes. Pendant des mois, Presstalis avait agité la menace d’un plan social plus massif – on parlait de 1 250 postes supprimés sur 2 500 salariés -, avec des départs contraints. Les propositions du médiateur (dont le rapport n’a pas été rendu public) tourneraient finalement autour de 1 000 départs d’ici à 2015. La moitié cette année, le reste l’année suivante. Le plan éviterait les départs contraints, en tout cas pour 2013, grâce à des mesures d’accompagnement et de reconversions (à la SNCF ou à la Poste).
«Tout n’est pas réglé, notamment sur le volet social, plaide Marc Norguez, secrétaire général du SGLCE. On n’est pas encore au bout.» Même son de cloche chez Presstalis, où l’on se réjouit que «la situation se débloque grâce au médiateur, ce qui permet une reprise des négociations». En effet, cet accord tardif permet d’enclencher les réformes industrielles et les négociations sociales. Mais rien n’a été formellement signé. Les discussions doivent, entre autres, s’engager avec les cadres des centres d’exploitation. Ce qui n’a pas empêché la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, de crier victoire, hier après-midi à l’Assemblée.
A l’équilibre. L’Etat a en effet assez généreusement mis la main à la poche (aides directes à la presse, prêts pour la reconversion industrielle) pour financer le plan de restructuration de Presstalis, évalué à 230 millions d’euros. Les éditeurs et les concurrentes Messageries lyonnaises de presse ont été mis à contribution. En déficit structurel, Presstalis, qui vise un retour à l’équilibre dès fin 2015, subit l’effondrement des ventes au numéro de la presse nationale. Ces derniers temps, la messagerie perd environ 3 millions d’euros par mois.