À propos de La Question de l’Éco : À un rythme hebdomadaire, « La question de l’éco » est présentée dans « Le quotidien de l’économie » d’Emmanuel Kessler, diffusé sur LCI à 20h10 et 21h10. Avec l’intervention de Frédéric Latrobe, associé de Tilder ou Nicolas Boudot, Directeur chez Tilder, ce rendez-vous est l’occasion d’un décryptage en matière de communication d’un enjeu économique saillant de la semaine à partir d’un sondage réalisé par un institut auprès d’un panel représentatif de la population française.

Q1 : Pour faire face à l’urgence écologique, êtes-vous favorable ou opposé à la mise en place d’une fiscalité écologique ?

  • Sous total « FAVORABLE » : 43 %
  • Sous total « OPPOSE » : 57 %

Q 2 : Pensez-vous que la sécurité sociale peut faire faillite demain ?

  • Sous total « OUI » : 61 %
  • Sous total « NON » : 39 %

ANALYSE DE NICOLAS BOUDOT, DIRECTEUR CHEZ TILDER

L’urgence écologique ne justifie pas la mise en œuvre d’une fiscalité dédiée pour 57% des Français interrogés.

Le sondage OpinionWay pour LCI et TILDER montre que l’urgence écologique ne justifie pas, pour la majorité des Français interrogés, la mise en œuvre d’une fiscalité dédiée pour tenter de conjurer les dérèglements climatiques. En effet, 57% des Français interrogés sont opposés à la mise en œuvre d’une fiscalité écologique.

Pourtant, l’urgence écologique est un sujet généralement plébiscité par les Français qui se sentent particulièrement concernés par les enjeux climatiques.

Ainsi, malgré le thème rassembleur, l’idée d’une fiscalité dédiée ne fait pas recette.

Ce résultat est une nouvelle preuve du « ras-le-bol » fiscal exprimé par le ministre de l’Economie et des Finances en août dernier, alors même que les écologistes viennent de lancer un « ultimatum » au gouvernement lui demandant de garder un cap écologique et de mettre en œuvre rapidement des actions concrètes… ce qui signifie : créer une taxe !

En communication, l’Exécutif se trouve donc face à un double enjeu :

  • D’abord engager un discours en direction des Français sur la fiscalité qui puisse être audible, intelligible, partagé et rassurant.
  • Ensuite, tenir un discours apte à rassurer ses partenaires Verts et les associations de protection de l’environnement qui attendent des engagements concrets en matière écologique.

Le président de la République et le ministre de l’Ecologie, Philippe Martin, auront fort à faire en communication lors de la Conférence environnementale qui s’ouvre demain. Ils devront réunir et rassembler les contraires dans un discours capable de satisfaire à la fois les écologistes et les Français sur les questions de fiscalité écologique.

6 Français sur 10 pensent que la Sécurité sociale peut faire faillite.

En matière de communication, le fait que 61% des Français considèrent que la Sécurité sociale peut faire faillite amène trois réflexions :

  • Ce résultat montre d’abord la prise de conscience par l’opinion publique de la possible fin du « modèle social français » – dont on date traditionnellement l’origine à 1946 – et à la mise en œuvre du programme du Conseil nationale de la Résistance.

La possible faillite d’un régime particulièrement protecteur ne peut être interprétée à la légère compte tenu de la situation économique et sociale de la France.

  • Ensuite, cette prise de conscience de la part des Français interrogés signe l’installation de la Cour des comptes dans le débat public et l’importance des prises de positions exprimées par son premier président.

En effet, les signaux d’alerte, nombreux et relayés de la part de l’autorité chargée de contrôler les comptes publics dont ceux de la Sécurité sociale, ont manifestement atteints leur cible.

Le rapport annuel de la Cour des comptes sur la Sécurité sociale, qui a ciblé l’optique, les laboratoires d’analyse et les hôpitaux comme leviers d’économie pour le budget 2014 de la Sécurité sociale, a manifestement été reçu 5 sur 5 par les Français.

  • Enfin, ce résultat est un signal d’alerte fort pour le gouvernement qui, face à cette crainte importante, doit retrouver un discours qui refonde l’idée de « protection sociale à la française ».

Ce signal d’alerte est d’autant plus fort que le gouvernement est issu d’une majorité de gauche dont on sait, pour faire simple, que la protection sociale est un point fort et saillant traditionnel de sa politique.

Le politique doit donc reprendre la main en communication sur l’institution administrative : il n’est en effet pas question pour le fouvernement de laisser s’instiller cette idée au moment où s’engage une réforme des retraites.

http://youtu.be/5eSYREIZzlE